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Orsay a 30 ans

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Inaugurée en 1986 par Mitterrand, une ancienne gare SNCF a été transformée en lieu culturel par la volonté de Giscard d’Estaing. Au Louvre, on peut voir les classiques, à Beaubourg, les maîtres de l’art moderne, au musée d’Orsay, les œuvres d’une période qui va de 1848 à 1914, avec entre autres, les impressionnistes, Van Gogh, les Nabis, et ceux qui leur ont ouvert la voie : Courbet, Manet, Rodin. Voici un parcours pour évoquer d’autres lieux transformés, mais aussi la société bourgeoise et l’atmosphère du XIXe siècle, et rappeler qu’à côté des stars d’Orsay, il y a les fines lames…

Le musée d’Orsay à 360 °

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Roubaix. La Piscine. Musée d’Art et d’industrie André Diligent

Gaudichon-Bruno , Gaudichon/Bodetta-Sylvette
2011 - Gallimard
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104 à Paris

Maurice Culot, Christine Desmoulins
2009 - AAM
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Le Procès

Orson Welles
2003 -
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L’Education sentimentale

Gustave Flaubert
2005 - Folio
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Paris-Haussmann : Le Pari d’Haussmann

Jean des Cars, Pierre Pinon
2005 -
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Le Spleen de Paris

Charles Baudelaire
2015 - Folio
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Mort à Venise

Visconti-Lucchino
1992 - Orchestre de l’Académie de Santa Cecilia
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Les Ghettos du gotha

Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot
2010 - Points
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Spectaculaire Second Empire

Cogeval-Guy
2016 - Skira
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Bonnard

Cogeval-Guy
2015 - Hazan
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Daumier : Les Célébrités du Juste milieu (1832-1835), Etude et restauration

Edouard Papet, Agnès Cascio, Juliette Levy
2005 - RMN
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Le musée d’Orsay à 360 °

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En 1900, les passagers pour L’Exposition Universelle arrivent au cœur de l’évènement en train à la gare d’Orsay. Désaffectée, la gare accueillera les prisonniers  revenus des camps en 1945, le tournage du film Le Procès d’Orson Welles en 1962, puis le Théâtre d’Orsay de la compagnie Renault Barrault à partir de 1972. Enfin, le musée que nous connaissons  y est installé en 1986. Dernière transformation, non des moindres : les murs du musée repeints en couleurs sombres, à la demande de Guy Cogeval, actuel directeur, pour permettre aux visiteurs de plonger du regard dans les œuvres. Bravo !

Roubaix. La Piscine. Musée d’Art et d’industrie André Diligent

Gaudichon-Bruno , Gaudichon/Bodetta-Sylvette - 2011 - Gallimard

Il n’y pas de hasard ! L’architecte Jean-Paul Philippon a été chargé de la transformation de la gare d’Orsay en musée, on le retrouve lauréat du concours pour la transformation de la piscine olympique de Roubaix en un musée ouvert en 2001 : La Piscine. Le résultat est plein de charme ; le point de départ n’en manquait pas non plus,  car en 1922, le maire de Roubaix, M. Lebas, avait demandé à l’architecte Albert Baert de construire  « La plus belle piscine de France ». Ce qui fut fait !

104 à Paris

Maurice Culot, Christine Desmoulins - 2009 - AAM

En 1870, l’archevêché de Paris, responsable des inhumations pour la ville, installe un service de Pompes Funèbres le long des voies ferrées de la gare de l’Est à la place d’anciens abattoirs. Le bâtiment construit dans l’esprit des halles Baltard est inauguré en 1874. Le temps passe et, en 2008, les morts laissent la place aux vivants, le bâtiment devenant Le 104, fabrique artistique et culturelle d’un genre nouveau. L’endroit est immense, deux halles occupent une surface équivalente à la Place de la République. Spectacles, concerts, expositions, librairie, cafés, ateliers pour enfants ou pour adultes consentants.

Le Procès

Orson Welles - 2003 -

Orson Welles adapte Le Procès de Kafka au cinéma, en 1962. Il cherche un lieu de tournage et découvre en pleine nuit, la friche industrielle qu’est devenue la gare d’Orsay où les trains ne viennent plus depuis la fin des années 30. Tout est abandonné dans la poussière, bureaux, halls, couloirs. Welles est content, il a son décor qu’il transforme en studio.  Dans cette production internationale, Romy Schneider incarne Leni, l’assistante de l’avocat, véritable « rayon de soleil » de K. Et bien sûr, Joseph tombe amoureux d’elle. Mais cette jeune fille, désirée et désirante, s’attache maladivement à tous les clients de l’avocat… ce qui va rendre Joseph fort jaloux. À la lettre W du Dictionnaire amoureux de ma vie, Michael Lonsdale raconte son incroyable coup de fil avec Orson Welles qui lui propose de jouer le rôle du curé.

L’Education sentimentale

Gustave Flaubert - 2005 - Folio

« Bovary c’est moi » disait Flaubert. Dans L’Éducation sentimentale, nous suivons le héros, Frédéric, un provincial à la découverte de Paris (1840 - 1867). La société de l’époque hésite entre la Monarchie, la République et l’Empire. L’éducation sentimentale de Frédéric passe par les femmes qu’il rencontre : Rosanette excite son cœur en allumant son corps ; Madame Dambreuse est une femme vaine avec qui la vie est trop facile ; reste Madame Arnoux, incomparable, mystérieuse, si douce, déjà mariée, inaccessible… Maupassant et Zola, ont considéré Flaubert comme leur maître.

Paris-Haussmann : Le Pari d’Haussmann

Jean des Cars, Pierre Pinon - 2005 -

De 1853 à 1870, le baron Haussmann, préfet de la Seine, transforme profondément Paris. Avenues et boulevards sont percés pour relier les gares ferroviaires nouvelles au centre de la ville. Entouré d’ingénieurs, Haussmann crée le confort urbain : trottoirs, bancs publics, arbres, jardins, égouts. L’exposition Paris-Haussmann : Le Pari d’Haussmann en raconte l’aventure. Haussmann avait de l’humour : lorsqu’on lui propose d’être nommé duc de la Dhuys, une rivière qui alimente Paris, il répond « De la Dhuys ? Mais, duc, ce ne serait pas assez ; non, il faudrait me faire aqueduc. »

Le Spleen de Paris

Charles Baudelaire - 2015 - Folio

Baudelaire, poète, fut un critique d’art majeur du XIXe siècle ; ses « comptes-rendus » des salons de peinture de 1845, 1859 et 1863, l’année où le Déjeuner sur l’herbe de Manet fut refusé, furent célèbres. Le Spleen de Paris, est un recueil posthume de cinquante poèmes en prose, où Baudelaire dit tout son malaise dans la ville haussmannienne.  Le poème XXXIII, Enivrez-vous, donne la clef : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question... Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous».

Mort à Venise

Visconti-Lucchino - 1992 - Orchestre de l’Académie de Santa Cecilia

La bande originale de Mort à Venise, film de Luchino Visconti, qui a marqué le Festival de Cannes en 1971, est largement composée par Gustav Malher, dont la vie (1860-1911) a inspiré au cinéaste le personnage de Gustav von Aschenbach. En 2011, le musée d’Orsay avait organisé une exposition sur Malher. Reconnu mais pas assez à ses yeux, il disait « Mon temps viendra ! » ; pourtant juste avant de mourir, son dernier mot adressé à Alma, sa femme, fut : « Mozart ! ».

Les Ghettos du gotha

Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot - 2010 - Points

À la vue des fastes de l’exposition Spectaculaire Second Empire, on serait tenté de n’y voir que les traces d’un passé révolu. Mais non, la très haute société a encore quelques représentants au train de vie inimaginable et aux patrimoines assortis. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, sont les spécialistes de la (haute) bourgeoisie parisienne ; leur livre montre que la culture de l’entre-soi est très forte dans un milieu où il est essentiel de se protéger des autres. On n’est jamais trop prudent !

Spectaculaire Second Empire

Cogeval-Guy - 2016 - Skira

À l’entrée de l’exposition Spectaculaire Second empire, une peinture de Meissonnier montre le Louvre en ruine avec un espace lumineux ouvrant sur la Victoire en haut de l’arc de triomphe du Carrousel ; nous sommes face aux glorieux restes des fastes d’antan... L’affiche de l’exposition montre un chef-d’œuvre d’Ingres : le visage irréel de cette femme à la richesse réelle du Second Empire dit tout le talent poétique de l’artiste. Dans l’avant-dernière salle, les murs sont tapissés de tableaux, dont Le Déjeuner sur l’herbe de Manet : nous voyons à quoi ressemblaient les « salons » du XIXe siècle, fameuses expositions de peinture organisées par l’Académie, où la toile de Manet fut pourtant refusée. Magie des recompositions !

Bonnard

Cogeval-Guy - 2015 - Hazan

« Au musée de Grenoble Bonnard guettait le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, et sortait d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, il améliorait furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Puis il disparaissait, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir » ; on dit qu’il « bonardait ». En 2015, le musée d’Orsay lui a consacré une grande exposition dont le commissaire, Guy Cogeval, est l’actuel directeur du musée et grand spécialiste des Nabis ; Bonnard était le « Nabi très japonard ».

Daumier : Les Célébrités du Juste milieu (1832-1835), Etude et restauration

Edouard Papet, Agnès Cascio, Juliette Levy - 2005 - RMN

Le Charivari et la Caricature furent des journaux satiriques opposés à la Monarchie de Juillet (1830-1848), ancêtres de Charlie Hebdo. Leur fondateur, Charles Philipon, commande à Honoré Daumier (1808-1879), graveur, caricaturiste, peintre, sculpteur, des caricatures d’hommes politiques de l’époque. Daumier modèle de mémoire – il était interdit de faire des croquis à l’Assemblée Nationale - une quarantaine de bustes en terre cuite peints à l’huile, travaux préparatoires pour ses lithographies. Donc les 36 bustes exposés au musée d’Orsay sont des brouillons !

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