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La der des ders

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Verdun, le Chemin des Dames, la Somme, les Dardanelles, le gaz moutarde, les gueules cassées… les évocations de la première guerre mondiale sont toutes effroyables. Cette guerre, qui impliqua plus de vingt pays et empires, fit près de 19 millions de morts, presque autant de civils que de militaires. On célèbre cette année les 100 ans de l’armistice de la  » der des ders « . Ironie du destin, on célèbre également le centenaire de la disparition de Guillaume Apollinaire, né Polonais, engagé volontaire dans l’armée française, grièvement blessé dans les tranchés, et mort de la grippe espagnole le 9 novembre 1918. Fatalitas !

Dada & les dadaïsmes: Rapport sur l'anéantissement de l'ancienne beauté

Marc Dachy
- Folio
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La main coupée

Blaise Cendrars
1946 - Folio
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Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916

Guillaume Apollinaire
1918 - Gallimard
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L’acacia

Claude Simon
1986 - Minuit
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La garçonne et l’assassin

Fabrice Virgili, Danièle Voldman
2011 - Payot Rivages
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Au revoir là-haut

Pierre Lemaitre
2013 - Albin Michel
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Frantz

François Ozon
2016 -
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Rags to Riches

Scott Joplin
1902 -
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Concerto pour la main gauche

Maurice Ravel
1929 -
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L'Histoire du Soldat

Igor Stravinsky, Charles-Ferdinand Ramuz
1918 -
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La bataille d’Occident

Eric Vuillard
2012 - Actes Sud
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Capitaine Conan

Bertrand Tavernier
1996 - Studio Canal
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La grande illusion

Jean Renoir
1937 -
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La victoire en chantant

Jean-Jacques Annaud
1976 -
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Dada & les dadaïsmes: Rapport sur l'anéantissement de l'ancienne beauté

Marc Dachy - - Folio

En pleine boucherie, pendant que Français et Allemands se gazent et se trucident, et puisque plus rien n’a de sens, que le monde est devenu fou, à Zurich, au cabaret Voltaire, un groupe de jeunes gens va dynamiter l’art et inventer un courant qui irriguera toutes les avant-gardes du vingtième siècle : Dada. Provocateur, iconoclaste, refusant toute contrainte idéologique, morale ou artistique, ce mouvement prône la confusion, la démoralisation, le doute et dégage les vertus de la spontanéité, de la bonté, de la joie de vivre. Paradoxalement, son activité de déconstruction et de destruction des langages (verbal et plastique) se traduit par des œuvres durables qui ouvrent certaines voies majeures de l'art contemporain.

La main coupée

Blaise Cendrars - 1946 - Folio

Dès le début de la guerre, le suisse Fréderic Louis Sauser dit Blaise Cendrars, lance un appel aux artistes étrangers qui vivent en France pour qu’ils se mobilisent. Lui s'engage à la Légion étrangère pour la durée de la guerre. En 1915 il est blessé et amputé du bras droit. Le « poète de la main gauche » reviendra à plusieurs reprises sur cet épisode de sa vie, dont la première fois dans J’ai tué publié en 1915.

Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916

Guillaume Apollinaire - 1918 - Gallimard

"Quant aux Calligrammes, ils sont une idéalisation de la poésie vers-libriste et une précision typographique à l'époque où la typographie termine brillamment sa carrière, à l'aurore des moyens nouveaux de reproduction que sont le cinéma et le phonographe." Polonais né à Rome en 1880, Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky s’installe à Paris en 1900. Défenseur et ami des peintres avant-gardistes (Picasso, Derain, Vlaminck), il s’engage dans l’armée pour soutenir le pays qui l’a accueilli. Ironie du sort, gravement blessé à la tête en 1916, il mourra le 9 novembre 1918… de la grippe espagnole.

L’acacia

Claude Simon - 1986 - Minuit

La vie de Claude Simon – prix Nobel de littérature en 1985 – est profondément marquée par les guerres. Celle de 1914 fauche son père près de Verdun alors qu’il n’a qu’un an. L’Acacia, son roman le plus autobiographique, commence en 1919. Le narrateur décrit le périple de trois femmes, dont « la veuve », et d’un enfant à la recherche de la tombe de son père. Claude Simon évoque les dégâts de la guerre, les gens, les paysages dévastés, et la boue jaune qui colle aux chaussures de ces femmes reste à jamais dans l’esprit du lecteur.

La garçonne et l’assassin

Fabrice Virgili, Danièle Voldman - 2011 - Payot Rivages

Paul déserte et pour ne pas se faire arrêter se travestit en femme. Il parvient ainsi à échapper aux conséquences directes de la guerre. L’armistice signé, Paul et sa femme Louise réussiront à échapper à la justice jusqu’à l’amnistie de 1925. C’est à partir de cette date que les événements tourneront au drame. La Garçonne et l’Assassin revient sur un fait divers historique et les traumatismes de la guerre. Ce livre a été adapté en bande dessinée par Chloé Cruchaudet Mauvais Genre (2013), et au cinéma par André Téchiné avec Nos années folles (2017).

Au revoir là-haut

Pierre Lemaitre - 2013 - Albin Michel

La guerre détruit physiquement et psychiquement les êtres humains et ravage leurs destinées. Au revoir là-haut est l’histoire de deux jeunes soldats que socialement tout oppose, mais qu’un éclat d’obus va rapprocher, d’abord par devoir et par intérêt, puis par amitié. C’est aussi plus largement l’histoire de tous ces soldats survivants mais traumatisés que la société préfère cacher et oublier une fois les armistices signés. Dans ce cadre, monter une arnaque aux monuments aux morts attirerait presque la sympathie. Prix Goncourt 2013, le roman fut adapté au cinéma par Albert Dupontel.

Frantz

François Ozon - 2016 -

Un soldat français va faire la connaissance de la famille d’un soldat allemand et de sa fiancée. Il leur raconte qu’ils se sont connus à Paris où ils sont devenus amis. Petit à petit la famille adopte Adrien comme un fils et un fiancé de substitution. Mais…

Rags to Riches

Scott Joplin - 1902 -

La première guerre mondiale va aussi accélérer les échanges culturels notamment sur le plan musical. Avec l’arrivée des américains c’est aussi le ragtime et le jazz qui arrivent sur nos cotes. Une musique qui marquera les grands compositeurs classiques de ce début de siècle comme Igor Stravinski et son Ebony Concerto, Dimitri Chostakovitch et sa Suite pour orchestre de jazz, ou encore Maurice Ravel et son Concerto pour piano et orchestre « la main gauche ».

Concerto pour la main gauche

Maurice Ravel - 1929 -

Conséquence directe de la Première Guerre, Maurice Ravel reçut en 1929 la commande de ce concerto du pianiste Paul Wittgenstein qui perdit son bras droit sur le front russe. Œuvre majeur de Ravel, c’est aussi une œuvre dramatique et particulièrement sombre fortement marquée par la guerre, mais aussi par la crise de 1929.

L'Histoire du Soldat

Igor Stravinsky, Charles-Ferdinand Ramuz - 1918 -

Créée en septembre 1918, L’Histoire du soldat rend hommage à tous les disparus d’une guerre qui s’achève. Inspirée par le beau texte de Ramuz, la musique de Stravinsky évoque la parade, le cirque, le jazz...

La bataille d’Occident

Eric Vuillard - 2012 - Actes Sud

Les guerres n’éclatent pas par hasard. Elles sont méticuleusement préparées par les militaires et les marchands de canons. « Car déjà le monde grésille, déjà les archiducs sont en rang, déjà quelque chose bégaye, et fabrique tout ce qu'il faut d'obus et de canons [...] » Publié en 2012, ce petit récit de cent quatre-vingts pages est un chef-d’œuvre de déconstruction du mécanisme qui conduira à la Première Guerre mondiale et à ses vingt millions de victimes. Eric Vuillard a reçu le Prix Goncourt en 2017 pour L’Ordre du jour.

Capitaine Conan

Bertrand Tavernier - 1996 - Studio Canal

La guerre de 1914-1918 fut celle des canons et de l’industrie triomphante, mais elle resta aussi une guerre de contact. Capitaine Conan est l’histoire d’un commando composé de spécialistes du couteau et du combat les yeux dans les yeux que nous raconte Bertrand Tavernier. Comment l’armée les utilisa mais aussi comment elle leur tourna le dos une fois la paix revenue. « […] quand cette saloperie de guerre s’est arrêtée, on nous a dit de cacher nos couteaux, nos mains pleines de sang, nos gueules et nos souvenirs de tueurs et d’assassins. » Philippe Torreton est tout à la fois magistral et effrayant.

La grande illusion

Jean Renoir - 1937 -

La guerre de 1914-1918 mettra fin à une armée de classes composée d’un côté d’aristocrates habitués depuis toujours aux parades et au commandement, de l’autre, le peuple qui fait la guerre parce qu’il y est contraint. C’est la fin de ce monde que raconte le film de Renoir tourné en 1937 et qui montre les rapports du lieutenant Maréchal (Jean Gabin), du capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay) et du commandant von Rauffestein (Erich von Stroheim) amenés à cohabiter dans un camp de prisonniers, les deux premiers étant les prisonniers du troisième. Chef-d’œuvre.

La victoire en chantant

Jean-Jacques Annaud - 1976 -

Le monde occidental se partagea l’Afrique à la conférence de Berlin de 1895, conférence au cours de laquelle fut signé un accord entre quatorze pays et empires. Chacun de ces pays déploya donc sur place des infrastructures administratives et industrielles chargées d’exploiter les ressources locales, infrastructures protégées par des forces militaires. C’est la vie d’une de ces communautés avant et pendant la guerre que raconte le premier  film de Jean-Jacques Annaud sorti en 1976 avec un Jean Carmet à son meilleur. Oscar du meilleur film étranger en 1977.

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