La Maman et la putain, est un film que j’aime depuis que je l’ai vu adolescent, à la télé, au Ciné Club du vendredi soir, et qui est ressorti récemment en salle (prochainement en vidéo NdR). Ce qui m’a d’abord plu, jeune homme, c’était Jean-Pierre Léaud et sa silhouette de dandy fauché intarissable. Et plus récemment, en revoyant ce grand film d’amour à trois, cet amour qui fait mal, qui va mal et qui fait parler sans cesse pendant trois heures, ce qui m’a plu, c’est que la parole est réappropriée par une femme. Beaucoup de femmes autour de moi pensent que La Maman et la putain, est un film de mecs, mais je pense le contraire. Les hommes y sont ridicules. Au bout d’une heure Jean Eustache fait taire Jean-Pierre Léaud, et la parole est donnée à une femme, Veronika, jouée par Françoise Lebrun, qui affirme, d’une manière torrentielle, ses désirs sexuels - et c’est sidérant de beauté crue. C’est un film désespéré où l’amour ne cesse de se dire. Le groupe Diabologum, sur son album #3 sorti en 1996, a fait un sublime morceau sur lequel le monologue de Françoise Lebrun est posé sur fond de guitares saturées. Un des albums que j’ai le plus écouté au monde.