Si cette chanson me touche, c’est parce que je me souviens très bien de la première fois que je l’ai entendue. C’était chez des amis de mes parents, les enfants étaient à l’étage et on a entendu cette musique qui venait de la pièce où dansaient les parents. Je me souviens très bien de ce moment, à la fois parce que je n’avais jamais entendu quelque chose qui ressemblait à ça, mais aussi pour le décalage créé par cette musique pour les grands et cette enfant d’une dizaine d’années que j’étais en col Claudine et souliers vernis dans une chambre de petite fille. Ça a été une vraie émotion esthétique, une vraie prise de conscience existentielle. Depuis, à chaque fois que je l’entends, cette chanson agit comme la madeleine de Proust, je suis replongée à cette époque et dans les émotions de cette petite fille. Pour moi, c’est une chanson qui rend compte de l’épaisseur du temps.