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La sélection de Franck Courtès

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Avant d’attraper son premier stylo, ou plutôt d’ouvrir son premier fichier, Franck Courtès est d’abord un photographe reconnu qui tire le portrait des célébrités du moment pour les magazines. Puis l’envie d’écrire devint irrépressible au point d’abandonner son métier, pourtant lucratif, pour se consacrer à l’écriture et uniquement à l’écriture. Sort un premier recueil de nouvelles Autorisation de pratiquer la course à pied (2023), puis six autres romans dont La Dernière photo (2018), et À Pied d’œuvre (2023), récemment adapté par Valérie Donzelli qui est repartie couronnée du Prix du meilleur scénario de la dernière Mostra de Venise, et dont le film sortira le 21 janvier prochain. Un parcours tout en rebonds, comme la sélection qu’il nous a livrée.

Quatre nuits d'un rêveur

Robert Bresson
1971 - Potemkine
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Apprendre, si par bonheur

Becky Chambers, Marie Surgers
2020 - L'Atalante
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Les Aventures de China Iron

Gabriela Cabezón Cámara, Guillaume Contré
2022 - 10/18
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La Pêche au brochet

Juhani Karila
2023 - J'ai lu
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Mille vignes : penser le vin de demain Pascaline Lepeltier

Pascaline Lepeltier
2022 - Hachette Pratique
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Playing/Praying 

Kompromat
2025 - Warriorecords
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The Liminanas

The Liminanas
2025 - Because Music
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Le Bureau des légendes

Eric Rochant
2015 - Canal+
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Perfect Days

Wim Wenders
2023 - Blaq Out
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L'avalée des avalés

Réjean Ducharme
1982 - Folio
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Sous la menace

Vincent Almendros
2024 - Éditions de Minuit
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Les romans durs Tome 11 : 1961-1966

Georges Simenon
- Omnibus
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Le wagon à vaches

Georges Hyvernaud
1953 - Le Dilettante
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Quatre nuits d'un rêveur

Robert Bresson - 1971 - Potemkine

« C’est un film dont j’entendais parler mais que je n’avais jamais vu refusant de le voir en vidéo. C’est un film de nuit, dont le directeur de la photo est Pierre Lhomme, un des plus grands du cinéma français. C’est une façon de filmer que j’adore ; Paris, la nuit, l’errance… C’est une histoire d’amour très simple, un gars et une fille se rencontrent sur un pont. C’est d’une poésie incroyable. Tu as la nuit sur le fleuve, des bâteaux qui passent, ils marchent dans Saint Germain avec des éclairages de café. C’est d’une beauté ! J’adore ce cinéma post nouvelle vague, les premiers Garel, Eustache, ce cinéma qui ne raconte pas grand-chose, qui déambule. »

Apprendre, si par bonheur

Becky Chambers, Marie Surgers - 2020 - L'Atalante

J’ai tout lu de Becky Chambers. C’est une littérature surprenante parce qu’elle parle de mondes et de relations définitivement dégagées de tout rapport de domination. Son imaginaire est très concret, matériel, elle nous fait voir toutes sortes d’espèces vivantes inconnues comme si on y était. Dans Apprendre, si par bonheur la fin nous envoie directement dans les étoiles et ce n’est pas du tout le vide angoissant de Pascal, mais bien au contraire, le lieu familier par excellence, l’endroit et la matière d’où l’on vient. Et on le sent !

Les Aventures de China Iron

Gabriela Cabezón Cámara, Guillaume Contré - 2022 - 10/18

Les Aventures de China Iron est un roman qui retourne le Martín Fierro de José Hernandez paru en 1872, un texte fondateur pour les Argentins. Les Aventures... c’est à nouveau une grande traversée dans les paysages. Ça commence par un orage qui va transformer la pampa, un territoire plutôt désertique, en une énorme bouillasse, et ça finit sur un fleuve en cru. C’est l’histoire de China, l’indienne blanche, de son chiot Estreya, et de Liz, une anglaise, lancées dans une pérégrination qui parle à la fois de territoire et de littérature argentine. C’est complètement queer, les identités n’arrêtent pas de changer, les groupes se forment et se défont, un gaucho qui s’appelle Rosario peut devenir Rosa, un macho violent peut tourner grande folle comblée. C’est très sexuel, sensuel, très amoureux.

La Pêche au brochet

Juhani Karila - 2023 - J'ai lu

La Pêche au petit brochet se déroule en Finlande dans un endroit reculé où une femme doit pêcher le seul brochet de l'Étang du Pieu, pendant qu’une flic, qui n’est pas du coin, enquête sur un meurtre étrange. L’histoire tourne dans un univers naturel dans lequel les éléments du folklore imaginaire finlandais font partie du monde réel. L’action est liée à des contes qu’il faut retrouver et transmettre pour que l'Étang du Pieu, habité par un génie, et le monde réel continuent à s’équilibrer. C’est alerte, très agréable à lire, ça pétille. Quand un troll s’installe sur la banquette arrière de votre voiture, mieux vaut faire comme si de rien n’était !

Mille vignes : penser le vin de demain Pascaline Lepeltier

Pascaline Lepeltier - 2022 - Hachette Pratique

Pascaline Lepeltier est une championne qui, avant de devenir Meilleur sommelier de France, a fait des études de philo. La dégustation d’un château Yquem 1937 a été le point de rencontre entre son goût pour le vin et sa pratique de la philosophie. Elle parle d’une façon très claire de cet instant, de cette expérience de l’éternité dans l’instant. Dans son restaurant le Chambers à New York, elle essaie, dit-elle, de reproduire pour chaque client cet instant de grâce qu’elle a vécu. Je rêve d’y aller !

Playing/Praying 

Kompromat - 2025 - Warriorecords

« Kompromat c’est le groupe de Vitalic et Rebeka Warrior qui a une présence incroyable sur scène et qui vient de publier son roman Toutes les vies. Je suis un grand fan de Vitalic depuis le début, depuis Ok Cowboy. Mon père écoutait Kraftwerk, The Who, Leonard Cohen… donc, quand sont arrivés la new wave, les batteries pourries, les sons électroniques, j’ai adoré tout ça. D’une manière générale, toute l’électro pop, ce mélange d’électro et d’humain, j’adore. » 

The Liminanas

The Liminanas - 2025 - Because Music

« Les Liminanas me font vraiment marrer. C’est le rock basic qui fait du bien. Et puis ils ont un sacré sens de la collaboration puisque, au fil de leurs albums, ils s’entourent de gens comme Pascal Comelade, Laurent Garnier, Bertrand Belin, Bobby Gillespie de Primal Scream, Jon Spencer, ou encore Brigitte Fontaine. Que du beau monde ! »

Le Bureau des légendes

Eric Rochant - 2015 - Canal+

« Eric Rochant est un cinéaste que je suis depuis Un Monde sans pitié, son premier long métrage sorti en 1989. Il a ce regard, cette façon de se mettre à la place des gens qui est assez remarquable. C’est frappant quand on regarde Le Bureau des Légendes et The Agency, son adaptation américaine. Une même scène d’exécution de terroristes, chez Rochant on va voir l’action dans le regard gêné des décisionnaires, avec des sons secs, filtrés par des haut-parleurs d’ordinateur. Au contraire, dans The Agency on est sur le terrain avec des bruits amplifiés et une mise en scène spectaculaire de film d’action. Tout ce que j’aime chez Rochant est dans cette façon de filmer les réactions des gens, de se mettre à leur place. »

Perfect Days

Wim Wenders - 2023 - Blaq Out

« J’ai adoré ce film au point d’en noter des passages, des scènes. C’est tellement beau. J’ai arrêté d’aller au cinéma il y a une quinzaine d’années. Je regarde essentiellement les films sur les plateformes. J’aime la possibilité, sur ces plateformes, de faire des poses émotionnelles, de me préparer à y retourner pour voir la suite. Il m’arrive de me garder les dernières minutes d’un film pour le lendemain, comme un livre dont on retarde la lecture des dernières pages. »

L'avalée des avalés

Réjean Ducharme - 1982 - Folio

« Je lis assez lentement. Dans les librairies, je lis les premières lignes et je vois tout de suite si j’accroche ou pas.  L’écriture de Réjean Ducharme m’a retourné. Il joue avec les mots, avec la langue, sans effet, sans que ça se voit. La littérature, ça tient à tellement peu de choses, c’est tellement fragile que quand ça marche c’est pour moi la plus grande émotion artistique. »

Sous la menace

Vincent Almendros - 2024 - Éditions de Minuit

« Vincent Almendros écrit des petits romans, de la littérature d’atmosphère. Les intrigues ne m’intéressent pas plus que ça, c’est vraiment la manière dont c’est fait, la façon dont les mots sont choisis et agencés qui m’intéressent. La langue de Vincent Almendros est belle et moderne à la fois. Je suis complètement amoureux de son écriture au point que ça me complexe. » 

Les romans durs Tome 11 : 1961-1966

Georges Simenon - - Omnibus

« J’ai découvert Les romans durs cette année et j’en ai lu douze ou treize. En revanche, ce qui me déplait profondément, c’est le rapport de Simenon aux femmes. Son regard est insupportable. Par contre, son sens de la narration, la manière qu’il a de faire avancer l’histoire sont exceptionnels. Pour moi, qui lis pour apprendre à écrire, c’est une leçon de littérature. À la fin du Train, je me suis mis à pleurer. »

Le wagon à vaches

Georges Hyvernaud - 1953 - Le Dilettante

« Georges Hyvernaud est un écrivain qu’on peut ranger aux côtés d’Emmanuel Bove, Raymond Guérin, Henri Calet, une sorte de Céline en plus enfermé, sans la provocation. C’est une très belle écriture d’après-guerre. Les vaches du titre, c'est nous, c'est l'homme empêtré dans ses petites lâchetés et qui, lentement, s'enfonce dans la boue noire de sa saloperie originelle. » 

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