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Pas fou, Van Gogh !

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Dans Van Gogh, le suicidé de la société, Antonin Artaud écrit que l’artiste peintre n’est pas fou. C’est justement le fil rouge de l’actuelle exposition au musée d’Orsay, et on est tenté de dire : « C’est celui qui le dit qui y est ! ». Oui mais voilà, l’art n’est pas une blague. Van Gogh porte l’émotion de la peinture à son comble. L’artiste peintre et Artaud furent internés. La société définit des normes ; gare à qui les transgresse ! Avant d’en finir avec la vie, Van Gogh avait eu “la chance” d’écrire des lettres à son frère…

Lettres à son frère Théo

Vincent Van Gogh
1872 - L'imaginaire
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Entretiens avec Francis Bacon

David Sylvester
- Flammarion
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Lettres à Tonton

Colette
1954 - Mille et une nuits
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Van Gogh

Maurice Pialat
1991 -
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Vincent et Van Gogh

Gradimir Smudja
2003 - Delcourt
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Etudes pour un portrait de Van Gogh par Francis Bacon

Jürgen Schilling
- Editions de la Maison des sciences de l’homme, Paris
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Van Gogh, le suicidé de la société

Antonin Artaud
1947 - L’imaginaire Gallimard
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Vol au-dessus d’un nid de coucou

Milos Forman
1975 -
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Manuel de savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis

Pierre Desproges
- Points Virgule
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La folie

Sous la direction de Raphaël Enthoven
2011 - Fayard
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La maison du docteur Blanche

Laure Murat
2001 - Folio
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Séraphine

Martin Provost
2008 -
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Le moine (de Lewis)

Antonin Artaud
1931 - Poche
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Le temps de la peinture

Jean Bazaine
1990 - Aubier
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Van Gogh ou l’enterrement dans les blés

Viviane Forrester
1983 - Essais Points
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Lettres à son frère Théo

Vincent Van Gogh - 1872 - L'imaginaire

Dans les lettres que Vincent adresse à son frère, il lui fait part de ses réflexions sur sa vie d’artiste. Dans la longue lettre de juillet 1880, il compare deux types de fainéants – c’est son frère qui l’entretient : celui qui est paresseux et l’autre qui « est rongé intérieurement par un grand désir d’action... dans l’impossibilité de rien faire, puisqu’il est comme en prison dans quelque chose ». Artaud et son naufrage du cerveau ne sont pas loin. Dans la même lettre Vincent précise : « Puisque l’on sait lire, qu’on lise donc ». A bon entendeur...

Entretiens avec Francis Bacon

David Sylvester - - Flammarion

Van Gogh échangeait avec son frère. Le peintre Francis Bacon eut de longs échanges avec David Sylvester, critique d’art britannique. La lecture de ce livre permet, d’une part, de découvrir comment un artiste parle de son rapport à son art, loin de toute anecdote et, d’autre part, permet d’imaginer ce qui n’existe pas, des échanges entre Van Gogh et un critique d’art. Un conseil pour terminer : si un artiste peut échanger avec un critique d’art, c’est parce que ce dernier a beaucoup regardé son travail. Donc, si vous voulez échanger avec un artiste sur son travail... commencez par beaucoup le regarder !

Lettres à Tonton

Colette - 1954 - Mille et une nuits

Restons à Montmartre où vécut Van Gogh, mais quittons le registre dramatique des peintures de l’exposition du musée d’Orsay ; à Montmartre, en 1942, Colette rencontre Gaston Baheux, dit Tonton de Montmartre, l’animateur haut en couleur du Liberty’s, devenu Chez Tonton, avant de fermer dans les années 50. Colette et Tonton deviennent très amis et se l’écrivent dans des lettres où l’écrivain dévoile ses inquiétudes pendant la guerre, ce qui n’empêche pas le ton des Lettres à Tonton d’être enjoué.

Van Gogh

Maurice Pialat - 1991 -

« Au départ, l’ennui que j’avais par rapport à Maurice, c’était la peinture. C’est difficile de toucher à ça. Parce que non seulement Van Gogh était peintre (paraît-il), mais lui aussi... Plus, le cinéma... Ça fait beaucoup ! La meilleure solution, c’était de ne pas peindre », confie Dutronc, César du meilleur interprète en 1992, dans Van Gogh de Maurice Pialat. Succès populaire avec plus de 1,3 million de spectateurs, à mettre en rapport avec les 39,9 millions de dollars restés célèbres dans les annales de Sotheby’s pour la vente des Tournesols.

Vincent et Van Gogh

Gradimir Smudja - 2003 - Delcourt

Non, Van Gogh n’est pas un peintre de génie, mais un pauvre type sans talent, jusqu’au jour où il rencontre un chat en Arles qui s’appelle Vincent, et se met à peindre des toiles extraordinaires... Gradimir Smudja est né en 1956, en Yougoslavie, pays qu’il a quitté pour incompatibilité d’humeur avec le régime. Il est peintre copiste, dessinateur, caricaturiste ; son album sur Van Gogh est beaucoup plus drôle que le texte d’Artaud !

Etudes pour un portrait de Van Gogh par Francis Bacon

Jürgen Schilling - - Editions de la Maison des sciences de l’homme, Paris

La vie passionnée de Vincent Van Gogh (Lust for Life), de Vincent Minnelli – sorti en 1956, impressionne le peintre Francis Bacon qui se lance, comme un enragé, dans une série de huit tableaux à partir du Peintre sur la route de Tarascon de Van Gogh. Le livre raconte comment cette série va modifier la façon de travailler du peintre et l’aider à mieux traiter son sujet : une vision pessimiste de l’homme du XXe siècle. C’est donc vrai que les grands esprits se rencontrent !

Van Gogh, le suicidé de la société

Antonin Artaud - 1947 - L’imaginaire Gallimard

Le texte réagit à un article du Dr Beer qui croyait déceler, chez Van Gogh, une schizophrénie “du type dégénéré”. Artaud décida de frapper fort en affirmant que Van Gogh n’était pas fou. Son texte court est fulgurant. Il sert de fil rouge à l’exposition actuelle, au risque de se transformer en présentation thématique des toiles de Van Gogh ; Artaud mode d’emploi ? Alors le mystère reste entier et tant mieux ! Le cocktail idéal est : 1/3 Van Gogh + 1/3 Artaud + 1/3 Alain Cuny. Où le déguster ? Dans la vidéo de l’exposition Le champ aux corbeaux.

Vol au-dessus d’un nid de coucou

Milos Forman - 1975 -

One Flew over a Cuckoo’s Nest est le titre original de ce film culte de Milos Forman. Cuckoo signifie coucou ou une personne mentalement dérangée, soit la population de l’hôpital psychiatrique où McMurphy (Nicholson), débarque pour éviter la prison à la suite d’un viol sur une mineure. Il prend les choses à la rigolade et va aider au “réveil” de certains pensionnaires face à l’autorité de fer de Miss Ratched. L’Indien, Chef Bromden, restera fidèle à McMurphy jusqu’à la fin... Le film montre comment la norme est maintenue jusqu’à ce que la digue saute...

Manuel de savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis

Pierre Desproges - - Points Virgule

Comme Vincent Van Gogh n’a pas eu la chance de rencontrer une femme dans sa vie, voyons les conseils de Desproges auxquels il a échappé : sachons reconnaître une femme d’un homme. Comment aborder une jolie femme ? Pourquoi aborder une femme laide ? L’hétérosexualité : pour quoi faire ? Qui emmener en voyage de noces ? Autant de sketches, autant de grands classiques ; Van Gogh le suicidé de la société pose la question de la norme. En rire n’est-il pas la meilleure manière d’éviter d’avoir la tête qui tourne ? Musset disait à George Sand : « Cause à mon cœur, ma tête est malade ! ».

La folie

Sous la direction de Raphaël Enthoven - 2011 - Fayard

Et si le début de la sagesse était de renoncer à être sage ? Qui, sinon la folie, détourne du suicide les hommes dont la vie n’a aucun sens ? Le collectif, dirigé par Raphaël Enthoven, examine ce genre de questions en évoquant Foucault, Jerry Lewis, Artaud... Artaud qui parle de « lucidité supérieure ». Est-ce à force d’être supérieurement lucide que Van Gogh s’est dit que ça allait comme ça... Au lieu de répondre, les corbeaux croassent dans le champ...

La maison du docteur Blanche

Laure Murat - 2001 - Folio

Van Gogh aurait certainement été heureux dans la maison du docteur Blanche, un asile d’un genre nouveau, fondé en 1821, à Montmartre, sur le modèle d’une pension de famille. La génération romantique y trouva refuge, Gérard de Nerval, Charles Gounod, Guy de Maupassant et... Théo Van Gogh, accueilli après la mort de son frère, alors que sa dépression était abyssale. Laure Murat révèle un lieu sans équivalent dans l’histoire de la psychiatrie et explore, à partir d’archives inédites, les rapports entre la création et la folie.

Séraphine

Martin Provost - 2008 -

Si Van Gogh n’était reconnu de personne (à part son frère), Séraphine de Senlis était ignorée par tous ; elle faisait des ménages pour manger et de la peinture pour nourrir son âme assoiffée de Dieu. Le critique d’art, Wilhelm Uhde, découvre le génie de sa peinture et va s’occuper d’elle. L’immense Yolande Moreau est Séraphine, dans le film qui s’inspire du livre de Françoise Cloarec. Après avoir eu droit à une exposition au musée Maillol, ses toiles font partie, aujourd’hui, de la collection permanente. Et les anges disent : « vive Séraphine ! ».

Le moine (de Lewis)

Antonin Artaud - 1931 - Poche

Dans sa libre adaptation du roman noir de Matthew Gregory Lewis, Le moine, crépitent les illuminations d’un grand écrivain qui a surtout écrit des petits morceaux où son inspiration géniale se consume. Les 9 volumes de ses œuvres complètes réunissent des fragments, articles, projets, scénarios, courts essais, poèmes, et des lettres à Jacques Rivière, directeur de la NRF, où il écrit qu’il a tant à dire mais que le naufrage de son cerveau l’empêche d’écrire. Naufrage du cerveau, Van Gogh connaissait aussi, d’où leur rencontre...

Le temps de la peinture

Jean Bazaine - 1990 - Aubier

« Un tableau n’a rien à signifier, il est. Et c’est sa totale gratuité qui lui garde, à travers les âges, sa force révolutionnaire intacte », écrit Bazaine dans ce livre de réflexion où il n’est pas question de Van Gogh, mais dont la lecture permet de mettre au vestiaire les éternelles questions concernant les vibrations des toiles de Van Gogh, ou mieux, de changer l’objet des mêmes questions : pourquoi vibrons-nous face à ses toiles ? Pour trouver la réponse, chacun discute avec lui-même.

Van Gogh ou l’enterrement dans les blés

Viviane Forrester - 1983 - Essais Points

« Il faut être mort plusieurs fois pour peindre ainsi », disait Van Gogh à propos de Rembrandt. Une idée que rejoint Bazaine, considérant que le peintre naît vieux quand il arrive enfin à observer ce feu qui l’aveugle. Van Gogh n’a pas eu le temps de vieillir, mais son génie lui a permis de croire en sa peinture alors qu’il n’était soutenu que par son frère. Viviane Forrester explore la vie de l’artiste qui commença mal en naissant un an après son frère mort-né, Vincent Van Gogh ; ça n’aide pas, même si ça n’explique pas tout. Expliquer quoi ?

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