En avant-propos de L’Écume des jours, son roman de 1947, Boris Vian prenait soin de préciser que « l’histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. » Les poids lourds de la rentrée littéraire 2015, comme pas mal d’auteurs dans tous les genres, inversent volontiers la proposition : biographie romancée, autobiographie ou autofiction, toute la fiction contemporaine semble tirer sa légitimité d’une réalité minutieusement reconstituée.