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Michel Chemin

la playlist

Après avoir été apprenti charcutier, couvreur, ouvrier en usine, militant syndicaliste et agitateur politique, Michel Chemin a commencé à collaborer à Libération en 1974. Journaliste au service société (où il couvrit le deuxième conflit LIP et la lutte des sidérurgistes à Longwy), grand reporter, chef du service « sports », il consacra de nombreux articles à la boxe pour lesquels il reçut plusieurs prix. Boxe, de Ali à Tyson, l’âge d’or vient de sortir, et Michel Chemin est notre invité. Gong !

San Antonio

Frédéric Dard
Années 50 - Bouquins
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La Fureur de vivre

Nicholas Ray
1955 -
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Disco Revue

1964 -
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Les Mots

Jean-Paul Sartre
1963 - Folio
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'68 Comeback Special

Elvis Presley
1968 -
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Mort à crédit

Louis-Ferdinand Céline
1936 - Gallimard
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Blonde On Blonde

Bob Dylan
1966 - Columbia
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Histoire d'un crime

Victor Hugo
1877 - La Fabrique
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Muhammad Ali the Greatest

William Klein
1974 -
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Bandini

John Fante
1938 - 10/18
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Rien n'est fini, tout commence

Gérard Berréby , Raoul Vaneigem
2014 - Allia
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Ringolevio

Emmett Grogan
1972 - L’Echappée
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King Kong Théorie

Virginie Despentes
2006 - Livre de poche
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Boxe de Ali à Tyson L'âge d'or

Michel Chemin
2018 - Hugo Sport
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San Antonio

Frédéric Dard - Années 50 - Bouquins

"Les polars de Frédéric Dard sont les premiers livres non illustrés -tels les comics petits formats Blek le Roc ou Kit Carson-, que j’ai lus. Chipés à mon grand frère Loulou, à la fin des années cinquante, les truculences verbales du commissaire ont contribué à me déniaiser. En pleine puberté, le descriptif d’un kamasutra mystérieux : le coup du grand vizir, la brouette thaïlandaise, le caméléon taquin ou la chenille en folie enflammaient mon imagination. Les San Antonio furent mes toutes premières lectures érotiques."

La Fureur de vivre

Nicholas Ray - 1955 -

"Au début des sixties, James Dean et Marlon Brando ont été l’archétype positif d’un malaise, d’une révolte mal maîtrisée. L’opposition à l’autorité parentale avait besoin d’icônes, ce fut eux. Ils incarnaient l’adolescence tourmentée dans laquelle je me mouvais, inquiet d‘un avenir incertain. La menace de la bombe atomique planait sur ma/nos têtes et il fallait trouver vite fait une raison de vivre autrement que nos parents, qui évoluaient, pensions-nous, les pieds dans le béton. Je/Nous voulions juste avoir la tête dans les nuages : le droit de rêver à un autre monde."

Disco Revue

- 1964 -

"Le rock’n’roll a surgi très tôt, bien au-delà de mes oreilles. Précisément  l’écoute d’un certain Johnny Hallyday énumérant dans « Oui mon cher » : « Cliff Richard, Presley, Gene Vincent, James Dean… ». Jojo fut un excellent passeur. Un magazine se faisait l’écho du rock naissant en France : Disco Revue, à la parution aléatoire, tenu à bout de bras par le regretté ami Jean-Claude Berthon. C’est dans Disco Revue que j’ai osé écrire pour la première fois, une naïve lettre de lecteur pourtant publiée, qui m’a donné une confiance éternelle."

Les Mots

Jean-Paul Sartre - 1963 - Folio

"A milieu des années 60, longtemps immobilisé après un accident de voiture, j’étais alimenté en bouquins par un cousin un peu intello. Il m’abreuvait de lectures historico-sociales, faisant entrer la Commune de Paris et la Résistance dans mon univers. Jean-Paul Sartre aussi. Ce qui m’a tout d’abord frappé, c’est la relative ressemblance entre Sartre et mon père : petite taille et grosses lunettes. J’ai commencé par son autobiographie à l’écriture ciselée, Les Mots dont la dernière phrase : « Si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. », s’est tatouée à l’encre indélébile au fond de moi."

'68 Comeback Special

Elvis Presley - 1968 -

"Au printemps 1968, le rock était bien loin de mes préoccupations. Je voulais alors changer le vieux monde avant qu’il ne me change. Le mouvement de Mai n’était pas encore tout à fait une utopie frondeuse, et je m’efforçais de souffler sur les braises. C’était une guerre de tranchée, alors le rock dans tout ça n’était qu’une préoccupation secondaire. D’autant qu’Elvis sombrait corps et âme avec ses films dérisoires. Et puis, il y eut son retour sur scène en décembre 68 à la télé, enregistré en juin. Plus beau que jamais, tout en cuir noir, le King des fifties le redevint ce soir-là."

Mort à crédit

Louis-Ferdinand Céline - 1936 - Gallimard

"C’est en 1966 que j’ai été vacciné au Céline. Sans rappel ! Ma curiosité initiale était d’avoir des arguments pour démolir ce lascar dont on disait alors tant de mal. Je ne voulais rien de plus que mêler mon grain de sel à un troupeau hostile. Raté ! J’ai rencontré le plus grand écrivain français. L’inventeur d’un nouveau langage. Après la lecture de Mort à crédit, j’ai eu le sentiment d’être entré pour la première fois en littérature."

Blonde On Blonde

Bob Dylan - 1966 - Columbia

"La première fois que j’ai entendu parler de Bob Dylan c’était en 1961-62, au Golf-Drouot. Long Chris, revenu d’une virée aux Etats-Unis en parlait avec des larmes dans les yeux. Il avait rapporté des disques alors quasi introuvables en France. Je n’ai pas été touché par ce Dylan-là, le folkeux de Freewheelin… Rien à voir avec la monumentale claque reçue avec Highway 61 Revisited ou Blonde On Blonde. Deux albums tout simplement révolutionnaires. Cette sonorité rock si particulière m’a pour ainsi dire contraint à retourner sur mes pas pour revisiter, avec délice cette fois, le jeune Dylan."

Histoire d'un crime

Victor Hugo - 1877 - La Fabrique

"La chambre de douze mètres carrés est plongée dans une quasi pénombre. Dans le lit à deux places, mon père dort, harassé par une nouvelle journée de merde sur quelque chantier. Peut-être a-t-il bu avant de rentrer. Ma mère, bien éveillée, me lit à voix basse un poème en prose de Victor Hugo, « Le Crapaud », extrait de La Légende des siècles. Le bien est fait, Hugo entre dans ma vie. Celui des Misérables, mais aussi, bien plus tard, celui d’Histoire d’un crime. Histoire d’un crime est à la fois une rédemption publique et un reportage de nouveau journalisme. Hugo ? Un Gonzo bien avant l’heure."

Muhammad Ali the Greatest

William Klein - 1974 -

"1963. Pas de télé à la maison. Mais chez ma sœur Christiane, il y en a une, à l’image instable. Qu’importe. Un jour, ou un soir, ou une nuit, je suis happé par un boxeur qui ouvre grande sa gueule. Il va devenir le plus grand, mais surtout son mode d’expression ne se limite pas à ses gants. Il pourfend bien plus que ses adversaires. Le racisme, les droits civiques, la guerre du Vietnam. Dès la première fois où je l’ai vu, j’ai filé Mohamed Ali (ex-Cassius Clay) devenu « Champion du peuple » comme un fan des Rolling Stones ou un adhérent aveuglé du PCF. Il unifiait la colère et l’abandon du ghetto de Watts et celui de la rue des Graviers à Maisons-Laffitte. Il était l’exemple du refus de subir. Qu’il soit l’un des grands personnages du XXe siècle n’est que logique et non justice. "

Bandini

John Fante - 1938 - 10/18

"J’ai une très forte tendance à m’identifier, à m’accrocher à des repères reconnus pour, peut-être, ne pas sombrer dans la mélancolie totale. John Fante avec ses écrits quasi autobiographiques, fut l’un de ces cordages jetés à la mer afin que je m’y agrippe. Le père d’Arturo Bandini était « poseur de briques » ; le mien maçon. J’ai mis mes pas dans ses pas dans la poussière. Comme le dit si justement Marguerite Duras dans Écrire : « Il faut écrire pour écrire, pas pour ce que l’on écrit... et suivre le cours de ses idées. L’écriture, c’est ce qui permet de ne pas sombrer dans la folie. » Pourtant nous sommes tous fous."

Rien n'est fini, tout commence

Gérard Berréby , Raoul Vaneigem - 2014 - Allia

"Mai 68 ne fut surtout pas une surprise. Quand ça a pété, j’avais dépassé Bakounine, découvert le Marx des Manuscrits de 1844 et surtout les plus modernes théoriciens, Guy Debord avec sa Société du Spectacle et surtout Raoul Vaneigem, auteur du retentissant Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations (1967). Ouvrier dans une usine de Colombes, je fus quelque peu contrarié, vexé lorsque je me fis mettre quasiment à la porte du CMDO (Conseil pour le maintien des occupations), faute d’une lettre de créances en bonne et due forme. En pratique, les « situs » furent les grands absents de Mai 68. Ce dont s’explique honnêtement Vaneigem dans Rien n’est fini, tout commence. "

Ringolevio

Emmett Grogan - 1972 - L’Echappée

"Pour l’immense majorité, « l’Été de l’amour » (Flower Power) à San Francisco en 1967 fut l’ère d’une douceur de vivre. Le libertaire Emmett Grogan est le héros oublié de ce mouvement. Volubile petit voyou de New York, il a animé les Diggers (littéralement Squatters), initiant le principe de « récupération » afin de nourrir gratuitement la horde de mômes affluant à Haight-Asbury. Après quelques mois, il a officiellement organisé l’enterrement du mouvement hippie sombrant dans les volutes de fumée et les effets du LSD. Bercé au Ringolevio, sorte de jeu de gendarmes et voleurs, Emmet Grogan n’a jamais rien cédé."

King Kong Théorie

Virginie Despentes - 2006 - Livre de poche

"En 1970, les copines de VLR (Vive la Révolution) ont décidé de se réunir entre elles, sans garçons, contribuant à la création du MLF. Elles se revendiquaient de Simone de Beauvoir. Je n’ai pas lu Le Deuxième sexe, me contentant du fameux : « On ne naît pas femme, on le devient ». Formule également valable pour esclave, ouvrier au masculin, aussi. Virginie Despentes a totalement radicalisé le propos féminin et féministe avec King Kong Théorie. Ce récit n’est rien d’autre qu’un manifeste appelant ni plus ni moins qu’à une insurrection de la pensée. Des femmes, pour les hommes, aussi."

Boxe de Ali à Tyson L'âge d'or

Michel Chemin - 2018 - Hugo Sport

« Cet âge d’or, c’est le sien. Michel Chemin a écrit sur la boxe pendant les glorieuses décennies de Libération. Ces années de fièvre journalistique sont bornées par deux personnalités extraordinaires : Muhammad Ali, puncheur politique (et poétique) des années 1960, et Mike Tyson, démolisseur de l’Amérique de Reagan, héros enragé de la génération rap. Michel Chemin a grandi avec l’un et suivit l’autre. Dans cet ouvrage superbement illustré, il nous fait aussi croiser Monzon, Benvenuti ou Hagler, héros d’un temps où la boxe flambait encore. L’histoire d’une passion. » Télérama n°3593

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