Au début des années 1970 – Mark Zuckerberg n’était pas né, l’ORTF n’offrait que trois chaînes en noir et blanc et les téléphones trônaient sur des napperons en crochet -, une génération d’acteurs a fait ses armes au café-théâtre – version délirante du théâtre de boulevard – avant que beaucoup d’entre eux se retrouvent, une décennie plus tard, en haut de l’affiche. Miou-Miou, Patrick Dewaere, Christian Clavier, Michel Blanc, Josiane Balasko… Coluche était de ceux-là. Mais son sens de l’observation et de la provocation ont fait rire des millions de gens en abordant des thèmes sur lesquels peu d’humoristes s’étaient risqués à une époque où la censure frappait fort. Pour mesurer sa popularité, il faut se rappeler les 16% d’intentions de vote que rassembla sa candidature aux élections présidentielles de 1981. Si son entrée en campagne provoqua des éclats de rire, elle sema la panique au sein des états-majors des partis politiques. Sous la pression et les menaces Coluche retira sa candidature avant le premier tour, mais il profita de sa popularité immense pour lancer les Restos du cœur en 1985 aux côtés de l’abbé Pierre. Sa mort, dans un accident de moto en juin 1986, il y a 35 ans, provoqua une émotion immense. Petit état des lieux de l’humour corrosif en douze références sur lesquelles plane (ou pas) son ombre. Choix subjectif, forcément subjectif !