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Éloge du piano

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Après s’être définitivement débarrassé de ses ancêtres (clavecin raffiné et autre piano-forte), le piano règne en maître sur la musique occidentale depuis deux siècles. Instrument de torture pour tous ceux qui griffonnent une « lettre à Élise », instrument martyr sous les doigts des compositeurs les plus exigeants et les interprètes les plus virtuoses, le piano est à la fête, chaque année, au Festival International de Piano de La Roque-d’Anthéron. À l‘occasion de la XXXIIIème édition, qui se tient du 20 juillet au 20 août, éloge du piano.

Minimalist Dream House

Katia Labèque , Marielle Labèque
2013 - KML
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We Speak Etruscan

Lee Hyla
1996 - New World
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Le Roman du piano, du XIXème au XXème siècle

Dieter Hildebrandt
2003 - Babel
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De battre mon cœur s’est arrêté

Jacques Audiard
2005 - UGC Video
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Five Easy Pieces

Bob Rafelson
1970 - Columbia
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Tirez sur le pianiste !

David Goodis
1956 - Folio
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The Last Romantic

Vladimir Horowitz
1985 - Deutsche Grammophon
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Confessions d’un compositeur

John Cage
1948 - Allia
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Beethoven, Bagatelles Opus 33, 119, 126, Lettre à Élise

Alfred Brendel
1998 - Philips
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Piano seul et duos

Martha Argerich
2006 -
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Ravel - Debussy

Arturo Benedetti Michelangeli
2012 - Praga
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Live in Vienna

Lang Lang
2010 - Sony Classical
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Glenn Gould Plays Bach

Bruno Monsaingeon
2012 - Sony Classical
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La Pianiste

Michael Haneke
2008 - MK2
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Arman

Arman , Jean-Michel Bouhours
2010 - Centre Georges Pompidou
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Minimalist Dream House

Katia Labèque , Marielle Labèque - 2013 - KML

Les sœurs Labèque sont mondialement célèbres pour leurs talents de pianistes, bien sûr, mais aussi pour leur goût de la découverte de nouveaux champs d’exploration. Elles célèbrent ici, sur un triple album, les 50 ans de la musique dite « minimaliste » – on disait autrefois « répétitive », terme abandonné pour son côté péjoratif –, dont les compositeurs les plus célèbres sont Philip Glass, Steve Reich ou Terry Riley. Un récital inattendu, d’Erik Satie et John Cage jusqu’au rock expérimental de Radiohead et Sonic Youth. Marielle et Katia Labèque se produiront le samedi 10 août au Château de Florans avec un programme Gershwin, Glass, Ravel et musique traditionnelle basque.

We Speak Etruscan

Lee Hyla - 1996 - New World

Lee Hyla est un compositeur américain contemporain qui a la particularité d’avoir joué du rock’n’roll… Ce qui prouve une fois de plus que l’époque des séparations dogmatiques entre musiques « sérieuses » et « populaires » est aujourd’hui largement dépassée. Dans ses œuvres, et notamment dans son Concerto pour piano n°2, Hyla introduit au milieu d’un langage typiquement contemporain des riffs de piano proches de ceux d’un Jerry Lee Lewis... à qui certains critiques le comparent avec respect – signe des temps ! Une œuvre hybride qui indique une voie possible pour les musiques du futur.

Le Roman du piano, du XIXème au XXème siècle

Dieter Hildebrandt - 2003 - Babel

Comme son titre le laisse entendre, ce livre se lit comme un roman et nous raconte l’histoire, ou plutôt les histoires, de ce « monstre étrange, poli et verni », avec ou sans queue, depuis son invention, voici deux cents ans, jusqu’à aujourd’hui. De ses aspects techniques et même commerciaux à ses grands serviteurs (de Mozart à John Cage), de ses qualités à ses défauts, une histoire à la fois complète et parfois décalée.

De battre mon cœur s’est arrêté

Jacques Audiard - 2005 - UGC Video

Tom (Romain Duris) qui semble avoir abandonné ses rêves de devenir pianiste concertiste comme sa mère, travaille à la limite de la légalité avec son père (Niels Arestrup, formidablement antipathique) dans l’immobilier. Mais sa passion musicale n’est pas morte, et une audition pourrait changer sa vie... Un film coup de poing (remake d’un long métrage de James Toback avec Harvey Keitel), brut et épuré, digne d’une tragédie grecque, où le héros marche constamment sur un fil entre le bien et le mal, ses rêves et la réalité.

Five Easy Pieces

Bob Rafelson - 1970 - Columbia

Robert Dupea vit une existence minable faite de petits boulots manuels et de plaisirs au rabais. On comprend rapidement qu’il s’agit d’un déclassé volontaire, ex-pianiste virtuose en rupture de ban avec une famille étouffante de musiciens classiques coupés du monde. Jack Nicholson est époustouflant dans ce rôle d’homme perdu entre deux univers, perpétuellement en fuite, qui ne sait pas réellement à quoi il aspire. Un pur produit du « Nouvel Hollywood », produit par la même équipe que le mythique Easy Rider.

Tirez sur le pianiste !

David Goodis - 1956 - Folio

Eddie, le héros fatigué de ce polar mythique, est un ex-concertiste réputé, qui a eu son heure de gloire en se produisant au Carnegie Hall. À la suite de drames personnels, il est devenu pianiste dans un boui-boui de Philadelphie, où ses gangsters de frères le retrouvent et l’entraînent dans une sordide histoire... Sur fond de piano bar, ce classique du roman noir, typique de l'univers désespéré de David Goodis, est une belle parabole sur le poids du passé.

The Last Romantic

Vladimir Horowitz - 1985 - Deutsche Grammophon

Vladimir Horowitz (1903-1989) fut l’un des plus grands pianistes du XXème siècle. Il était d’ailleurs tout simplement considéré comme le meilleur par ses pairs. Célèbre pour la puissance et la virtuosité de son jeu, il a magistralement interprété les œuvres les plus difficiles jamais écrites pour le piano par Liszt, Chopin, Tchaïkovski, Rachmaninov (dont il était l’ami) ou Scriabine. Ce disque a été enregistré à la fin de sa vie, chez lui, en 1985, pour un film documentaire passionnant du même titre, édité en DVD. S’il ne fallait garder qu’un seul disque de piano sur la fameuse île déserte... Documentaire

Confessions d’un compositeur

John Cage - 1948 - Allia

John Cage a révolutionné l’idée même de la musique au XXème siècle, allant jusqu’à proposer une composition intégralement faite… de silence. Proche de l’art contemporain conceptuel, il affirmait que la musique était « l'organisation par n'importe quel moyen de n'importe quel son », offrant ainsi une sacrée bouffée d’air frais à toute une nouvelle génération de musiciens. Iconoclaste, il a imaginé le « piano préparé », obtenu en truffant les cordes de l’instrument de divers objets, gommes, punaises, etc.

Beethoven, Bagatelles Opus 33, 119, 126, Lettre à Élise

Alfred Brendel - 1998 - Philips

La « Lettre à Élise » est probablement le plus grand « tube » de la musique classique pour piano, à ceci près que le grand public et les générations d’élèves qui ont cru bon de s’y attaquer n’en connaissent généralement que quelques mesures… Ce morceau est donc devenu une sorte de farce, une tarte à la crème de l’apprentissage ingrat du piano. Il fait partie des Bagatelles, œuvres relativement mineures mais fort agréables de Beethoven.

Piano seul et duos

Martha Argerich - 2006 -

Ce coffret de six CD propose en ouverture le célèbre album de piano solo consacré à Chopin enregistré en 1965 par Martha Argerich, artiste hors norme, peut-être la plus grande pianiste vivante. Les cinq autres disques sont constitués de duos à couper le souffle. Spécialiste des répertoires romantiques et modernes, la pianiste argentine interprète ici, entre autre, des œuvres de Schumann, Mendelssohn, Rachmaninov, Prokofiev ou Messiaen. La générosité et la passion qui caractérisent son jeu sont parfaitement illustrées par le choix et l’interprétation du dernier morceau, clin d’œil à la musique de son pays, le fameux « Libertango » d’Astor Piazzolla.

Ravel - Debussy

Arturo Benedetti Michelangeli - 2012 - Praga

Maurice Ravel et Claude Debussy ont révolutionné la musique en enrichissant sa palette harmonique – on qualifie souvent leurs compositions d’« impressionnistes ». Leurs œuvres pour piano sont particulièrement riches et sensibles. Arturo Benedetti Michelangeli, pianiste de génie au look de dandy échappé d’un film de Visconti, est un de leurs meilleurs interprètes, comme le prouve ce disque parfait, tant au niveau de l’interprétation, sur un nuage, que du son, exceptionnel.

Live in Vienna

Lang Lang - 2010 - Sony Classical

Dans la grande tradition des stars de la musique classique (Toscanini, Horowitz, Callas, etc.), le jeune pianiste chinois est l’incarnation moderne d’un nouveau type de vedette : exceptionnellement doué, bourreau de travail, monstre de technique, immensément charismatique et fortement médiatisé. Son désir de faire partager sa passion au plus grand nombre – il se produit lors des plus grands événements planétaires, des Jeux Olympiques au Forum de Davos ! – fait évidemment grincer des dents certains « puristes ». Mais le voir et l’entendre ici interpréter Beethoven, Chopin ou Prokofiev en concert balaie toute critique : Lang Lang est le parfait ambassadeur planétaire de la musique classique en ce début de XXIème siècle.

Glenn Gould Plays Bach

Bruno Monsaingeon - 2012 - Sony Classical

Glenn Gould était un pianiste et un homme de génie absolument fascinant, par son jeu, sublime et totalement anticonformiste (sa fameuse façon de fredonner en jouant), par son intransigeance (il arrêta très tôt de se produire en concert) et par l’intensité de son engagement artistique. Ce documentaire, qui mêle de sublimes interprétations de grandes pièces de Bach et de passionnantes interviews du pianiste, tourné dans l’intimité de son atelier, est tout simplement l’un des meilleurs films musicaux de tous les temps, tous genres confondus. En vidéo, extrait du documentaire « The Art of Piano », Glenn Gould joue la Partita n°2 de J.S. Bach.

La Pianiste

Michael Haneke - 2008 - MK2

Isabelle Huppert est glaçante à souhait en professeur de piano du Conservatoire de Vienne. Extrêmement rigide avec ses élèves, elle vit chez sa vieille mère (Annie Girardot) et fait d’un de ses élèves (Benoît Magimel) son objet sexuel pour réaliser ses fantasmes masochistes. Un film d’une froideur saisissante, Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 2001, où la beauté des œuvres de Schubert et de Schumann offre un contraste troublant avec un monde hostile et déshumanisé. Une vision austère et douloureuse de l’univers des pianistes de haut niveau.

Arman

Arman , Jean-Michel Bouhours - 2010 - Centre Georges Pompidou

Ami d’Yves Klein, membre du groupe des Nouveaux Réalistes, Arman est célèbre pour ses Accumulations qui rassemblent de grandes quantités d’objets identiques fondus dans du plexiglas, mais aussi pour ses Colères, dans lesquelles il s’attaque à divers objets, notamment des instruments de musique. Pour réaliser l’une de ses œuvres les plus célèbres, Chopin’s Waterloo, lors du vernissage de l’exposition Musical Rage en 1962, il détruit en public un piano droit à coups de masse avant de fixer les éléments ainsi obtenus sur un panneau préparé à l’avance, produisant une sorte d’œuvre cubiste. Une autre vision du piano... Présentation de l’expo par Jean-Michel Bouhours

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