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Nicolas de Staël : la peinture à l’état pur

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« Merci de m’avoir écarté du gang de l’abstraction avant » dit Nicolas de Staël, en 1950, à Bernard Dorival, conservateur du Musée National d’Art Moderne. Il détournait ainsi l’actualité du « gang des tractions avant » pour annoncer qu’il considérait la peinture de Pierre Soulages et de Georges Matthieu comme « nulle et non avenue » selon Laurent Greilsamer, l’un de ses biographes. Nicolas de Staël a inventé une voie entre l’abstraction et la figuration : la peinture à l’état pur. 2014, année du centenaire de sa naissance, une exposition lui est consacrée au Havre. Ce parcours vous propose de découvrir l’artiste, à travers ses amis, le port du Havre, le sud de la France, la musique… et le foot.

Fureur et mystère

René Char
1948 - Poésie Gallimard
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Le tour du monde en porte-conteneurs

Emmelene Landon
2003 - Gallimard
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Nicolas de Staël Lumière du nord, lumière du sud

Catalogue de l'exposition
2014 - Gallimard
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Art et foot

Mélanie Gentil
2014 - Editions Palette
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Sur l’eau

Hans Marten Van den Brink
2000 - Folio
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La 107e minute

Anne Delbée
2006 - Quatre chemins
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Le Havre

Aki Kaurismäki
2011 -
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Best of

Sydney Bechet
- Blue Note
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Sérénade - Variations de Schoenberg

Philarmonia Orchestra Robert Craft
- Soundmark Records
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38 témoins

Lucas Belvaux
2012 - TF1
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Georges Braque

Collectif
2013 - Editions RMN
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Lettres de Nicolas de Staël

Présentées par Pierre Daix
- Ides et Calendes
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Ciels, terres, mers

Jean-Louis Andral
- Editions des Falaises
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Le Prince foudroyé

Laurent Greilsamer
1998 - Livre de Poche
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Nicolas de Staël dans son atelier

Antoine Tudal
- Ides et Calendes
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Fureur et mystère

René Char - 1948 - Poésie Gallimard

Yves Berger prévient dans le texte de présentation de ce recueil que la poésie de René Char n’est pas d'accès facile... Résistant sous le nom de Capitaine Alexandre, René Char écrit en 1943-1944 Feuillets d’Hypnos, un recueil de 237 courts poèmes, dont le n°139 : « C’est l’enthousiasme qui soulève le poids des années. C’est la supercherie qui relate la fatigue du siècle ». Nicolas de Staël, poussé par son enthousiasme, réalisa les gravures sur bois que lui inspira Le poème pulvérisé, tiré de Fureur et mystère.

Le tour du monde en porte-conteneurs

Emmelene Landon - 2003 - Gallimard

Artiste d’origine australienne, Emmelene Landon a beaucoup voyagé. Son atelier de peinture donnait sur le port de Cherbourg : ce fut le déclic pour un voyage en 2001 à bord d’un porte-conteneur. Dans son livre, elle parle de la vie à bord faite essentiellement de silences et d’ennui, rythmée par les rares conversations des hommes sur les voitures... pour prolonger cette lecture, regardez la très belle vidéo réalisée par un jeune matelot au cours d'un voyage de six mois, de New-York à San Francisco, sur un porte-conteneur.

Nicolas de Staël Lumière du nord, lumière du sud

Catalogue de l'exposition - 2014 - Gallimard

Jusqu’au 7 novembre 2014, l’exposition Lumière du nord, lumière du sud permet de voir que, même si cela ne saute pas aux yeux au premier regard, Nicolas de Staël n’est pas un peintre abstrait. Avec lui, ne nous contentons pas des premiers regards. Nicolas de Staël est un inventeur d’espaces dans lesquels nous trouvons les chemins de paysages imaginaires où nous nous promenons à notre aise. A la fin du parcours, Fort carré d’Antibes, peint dans des teintes qui évoquent la Normandie, montre que Nicolas de Staël, comme Van Gogh, fondait les points cardinaux en une géographie poétique. Sublime ! Lien vers l'exposition

Art et foot

Mélanie Gentil - 2014 - Editions Palette

1952, au Parc des Princes, Nicolas de Staël assiste au match de football France-Suède : il est fasciné et se lance immédiatement dans la série Footballeurs dont les tableaux furent mal accueillis par la critique. Le livre de Mélanie Gentil en présente certains, ainsi qu’un immense baby-foot de Maurizio Catelan, un tacle d’Amour sur Psyché, le Coup de tête d'Adel Abdessemed, ou encore Les footballeurs, de Niki de Saint Phalle... Derrière la tarte à la crème des rapports entre l’art et le sport, c’est l’occasion de voir qu’avec les grands artistes, le sujet importe peu. Ce qui est important, c'est leur regard, leur travail : en s’y plongeant, ils gagnent les sommets...

Sur l’eau

Hans Marten Van den Brink - 2000 - Folio

En 1939, le jeune Anton et son aîné David sont les deux coéquipiers d’un deux sans barreur ; ils s’entraînent sur l’Amstel, en Hollande. La qualité de ce roman réside dans la manière qu'à l'auteur de décrire le mouvement synchrone des deux rameurs, et les sensations que la proximité de l’eau procure au plus jeune. Le rapport avec Staël ? Les deux artistes sont à la fois le bateau et les rameurs, l’équipe de football et la pelouse ; ils sont le rythme même. Mais Nicolas de Staël n’a jamais ramé...

La 107e minute

Anne Delbée - 2006 - Quatre chemins

A la 107e minute de la finale de la coupe du monde de football, le 9 juillet 2006, à l'Olympiastadion de Berlin, Zidane met un coup de boule à Materazzi : carton rouge, il est expulsé du terrain, et sa carrière s’achève. Et c’est là que commence le livre d’Anne Delbée, écrivain et metteuse en scène de théâtre, qui se laisse pénétrer par la tension dramatique que vivait le joueur devenu une icône. Nicolas de Staël s’était laissé envahir par les figures et les couleurs qu’il avait vues au Parc des Princes et qui donnèrent la matière à la série Footballeurs.

Le Havre

Aki Kaurismäki - 2011 -

Un jeune Africain débarque clandestinement d'un conteneur dans le port du Havre mais, heureux hasard, il rencontre Marcel Marx, cireur de chaussures et poète. Le film d'Aki Kaurismäki, présenté à Cannes en 2011, obtint le prix Louis-Delluc la même année. L’esprit de résistance des personnages les rapprochent de l’univers où a évolué Nicolas de Staël. Figure célèbre du rock havrais, Roberto Piazza alias Little Bob (Story), joue son propre rôle dans lequel on entend deux de ses chansons.

Best of

Sydney Bechet - - Blue Note

Nicolas de Staël aimait le jazz de Sydney Bechet, pour lequel il composa Les Musiciens. Sydney Bechet (1897-1959)  fut un clarinettiste exceptionnel, repéré rapidement par Duke Ellington qui, plus tard, le débarqua de sa formation pour avoir zappé trois concerts... Considéré comme le symbole du jazz Nouvelle Orléans avec sa reprise légendaire de Summertime, Sydney Bechet vécut en France à partir des années 50. Il composa des tubes mondiaux comme Petite fleur, Les oignons, ou Dans les rues d’Antibes dont l’air enjoué aurait sûrement remonté le moral de Nicolas de Staël, mais on ne refait pas l’histoire...

Sérénade - Variations de Schoenberg

Philarmonia Orchestra Robert Craft - - Soundmark Records

La Sérénade pour sept instruments et une voix masculine grave d’Arnold Schoenberg a inspiré à Nicolas de Staël son dernier tableau Le concert, conservé au musée d’Antibes. Le tableau reste inachevé car l'artiste se suicide le 16 mars 1955 en se jetant par la fenêtre. En déclarant que « si c’est de l’art, ce n’est pas pour tout le monde », Schoenberg impose une distance entre l'oeuvre  et son public, ce qui n’est pas le cas de la peinture de Nicolas de Staël dont l’intensité illumine tout le monde...

38 témoins

Lucas Belvaux - 2012 - TF1

38 témoins est un film de Lucas Belvaux tiré du roman de Didier Decoin Est-ce ainsi que les femmes meurent ? L’action se déroule au Havre, entre les conteneurs et les immeubles tout en angles droits signés par l’architecte Auguste Perret. Le personnage principal, un pilote de  porte-conteneurs, est enfermé dans un terrible silence dont il décide finalement de sortir. Si les empilements multicolores de conteneurs, qui parfois bouchent les perspectives, rappellent les formes rectangulaires des toiles du peintre, celles-ci, au contraire, ouvrent sur des espaces infinis.

Georges Braque

Collectif - 2013 - Editions RMN

« Ce qui m’a toujours sauvé, c’est que je n’ai jamais su ce que je voulais » a dit Georges Braque qui fut pourtant aux origines du cubisme avec Picasso. En 1951, Nicolas de Staël alla voir Braque et résuma sa visite dans une lettre qu'il envoya à René Char : « Vu Braque, dimanche à Varengeville. Il a bien travaillé cet été, je crois. Sans exagération, son atelier sent la bataille à pleins poumons, malgré tout le montage de bricoles savantes ». Sans exagération, ce sont là des géants !

Lettres de Nicolas de Staël

Présentées par Pierre Daix - - Ides et Calendes

Ces lettres nous font entrer dans le cercle de ses proches. Ses parents adoptifs, les Fricero, Madame Guillou, la mère de Jeannine (sa première femme), Françoise, sa seconde femme, René Char, Georges Braque, ou encore Ted Schempp, son premier marchand américain, qui stockait ses œuvres dans le coffre de sa voiture. « Les lettres, c’est Staël à l’état pur... dans ses conflits, ses professions de foi, ses violences, ses hésitations... » a dit André Chastel, célèbre historien d’art, proche de l’artiste.

Ciels, terres, mers

Jean-Louis Andral - - Editions des Falaises

Jean-Louis Andral est le conservateur du musée Picasso à Antibes où se trouve une somptueuse collection de peintures de Nicolas de Staël, dont Le concert, sa dernière œuvre inachevée. Ce petit livre est une invitation à regarder l’espace pictural de Nicolas de Staël. Des citations de l’artiste sont mises en regard des reproductions et celle-ci ouvre le livre «  L’espace pictural est un mur mais tous les oiseaux du monde y volent librement ». C’est pourtant simple !

Le Prince foudroyé

Laurent Greilsamer - 1998 - Livre de Poche

Après avoir quitté la Russie dans des conditions dramatiques, Nicolas de Staël étudie la peinture à Bruxelles dans l’atelier de Geo de Vlamynck qui repère vite son talent ; il voyage en Espagne et au Maroc où il rencontre Jeannine Teslar. Plus tard, René Char, Georges Braque, lui offriront leur amitié. Mais sa relation essentielle, il l’aura avec sa peinture, qui va le faire monter très haut, trop haut peut-être ?

Nicolas de Staël dans son atelier

Antoine Tudal - - Ides et Calendes

Les livres de photos d’ateliers de peintres ne manquent pas, mais celui-ci est une perle car derrière le pseudo de son auteur, Antoine Tudal, se cache Antek, le fils de Jeannine que Nicolas de Staël adopta. Pendant la guerre, Tandek noircit des carnets que Pierre Reverdy va lire et faire éditer en 1945, avec des illustrations de Georges Braque et d’Alberto Magnelli dans le recueil Soupentes.

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