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Dans un parc, nous nous promenons, nous prenons l’air. Que faisons-nous dans un musée ? Prenons-nous l’art du temps ou le temps de l’art ? L’art nous emmène ailleurs, là où nous allons peu, faute de temps ou d’envie de regarder à travers les œuvres. Le documentaire National Gallery de Frederick Wiseman nous plonge dans l’univers du célèbre musée londonien, du côté des visiteurs et de celui où, restaurateurs des œuvres et administrateurs des lieux, sont à la manœuvre. Voici un parcours pour nous entraîner à regarder l’art et la vie dans les musées et ailleurs.

A Cage of Saxophones

John Cage , Ulrich Krieger
- Mode 104
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Le faux dans l’art

Jean-Jacques Breton
octobre 2014 - Hugo Images
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Lost Detroit 

Dan Austin
2 août 2010 - History Press
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Le documentaire et ses faux-semblants

François Niney
2013 - Klincksieck
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Le documentaire, un autre cinéma

Guy Gauthier
2011 - Armand Colin
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Le monde du silence

Jacques-Yves Cousteau, Louis Malle
1956 -
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Au bord du monde

Claus Drexel
2015 - Arte éditions
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Le Joli Mai

Chris Marker, Pierre Lhomme
1962 -
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Notre pain quotidien

Nikolaus Geyrhalter
2005 - Lumière
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National Gallery

Frederick Wiseman
2014 -
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Le mystère Picasso

Henri Georges Clouzot
1955 -
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Palettes

André Jaubert
1992-2002 - Arte
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Les plus belles fesses du Louvre

Bruno de Baecque
2013 - Séguier
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Musée haut, musée bas

Jean-Michel Ribes
2009 -
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Thomas Crown

Thomas Crown
1999 -
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A Cage of Saxophones

John Cage , Ulrich Krieger - - Mode 104

John Cage (1912-1992) fut un compositeur américain de musique contemporaine expérimentale. Ayant appris avec Schönberg l’importance de la structure musicale, il décida d’introduire des sons divers, des bruits. Son œuvre la plus célèbre 4’33’’ consiste à ne pas jouer, pendant 4’33’’ pour écouter le silence du public ponctué de quelques rares raclements de gorges. Marcel Duchamp a écrit : « c’est le regardeur qui fait l’œuvre ». Le canular génial de Cage lui fait écho : c’est l’écouteur qui fait la musique. Notons à ce sujet que la musique est totalement absente du documentaire National Gallery, comme de tous les films de Frederick Wiseman.

Le faux dans l’art

Jean-Jacques Breton - octobre 2014 - Hugo Images

« Sans les faussaires le monde serait bien triste » a dit Paul Valéry, de la même manière, les casses du siècle animent les conversations de salon ou de bistrot, et les cancres défrayent la chronique des lycées... Jean-Jacques Breton est un homme sérieux ; docteur ès lettres, il travaille à la RMN. Son livre retrace l’histoire des faussaires de génie, et rappelle qu’ils sont toujours attirés par l’appât du gain. N’empêche, quand le faussaire van Meegeren vend un faux Vermeer au pillard Goering, on se dit que la « morale » est sauve.

Lost Detroit 

Dan Austin - 2 août 2010 - History Press

En 1701, Antoine de Lamothe Cadillac fonde la ville de Détroit. En 1904, Ford y installe son usine et Détroit devient la capitale mondiale de l’automobile, avec Dodge, Packard, Chrysler. La maison de disque Motown (Motor Town) est aussi connue des amateurs de voitures américaines que des fans de soul music (Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross, The Jackson Five…). Le blues de la ville commence dès 1958, quand Packard ferme ; les ennuis vont jusqu’à la faillite de Détroit en juillet 2013. Il est aujourd’hui question de vendre les tableaux du Detroit Institut of Art estimés par Christie’s à 836 millions de dollars. Le livre Lost Detroit, édité en anglais, montre les grands bâtiments de la ville, comme autant de fantômes. Imaginons Paris ou Londres en faillite et les œuvres du Louvre ou de la National Gallery mises en vente...

Le documentaire et ses faux-semblants

François Niney - 2013 - Klincksieck

Quelle est la différence entre le documentaire et le reportage ? Qu’est-ce qui distingue à l’écran le monde réel d’un monde fictionnel ? Une prise de vue peut-elle être objective ? Que cherche-t-elle à capter ? Que donne-t-elle à voir au spectateur ? Dans cet essai, François Niney, philosophe, professeur à la Femis, documentariste, propose des réponses ; il considère la relation du filmeur au filmé, et la façon dont le film s’adresse au spectateur.

Le documentaire, un autre cinéma

Guy Gauthier - 2011 - Armand Colin

Voici une histoire du documentaire, de Dziga Vertov, cinéaste soviétique d’avant-garde des années 1920, qui dans L’homme à la caméra, montre la vie des habitants d’Odessa, jusqu’à Raymond Depardon, dont 10e chambre offre une regard unique sur le rôle pédagogique d’une présidente de tribunal correctionnel. Suit une analyse des notions d’image muette, d’image commentée, de son synchrone... Guy Gauthier (1930-2010) était enseignant, critique de cinéma, et animateur de ciné-clubs. Son livre est une référence.

Le monde du silence

Jacques-Yves Cousteau, Louis Malle - 1956 -

Entre 1954 et 1955, Jacques-Yves Cousteau, co-réalise avec Louis Malle, un documentaire à partir des explorations sous-marines à bord de la Calypso : c’est Le monde du silence, Palme d’Or à Cannes en 1956. Le grand public découvre la magie des fonds marins. C’est un documentaire fait à l’ancienne, avec une voix off magistrale, comme un cours magistral. Paradoxalement, dans son Monde du silence, le commandant Cousteau est bavard comme une pie. Dans National Gallery, Frederick Wiseman n’explique rien, il donne à voir et à entendre ; il ne commande pas, il propose...

Au bord du monde

Claus Drexel - 2015 - Arte éditions

Pendant un an, Claus Drexel a parcouru Paris la nuit à la rencontre des sans-abri. Une femme se réveille dans un carton, elle parle de son désir de réunir un jour ses enfants dans une maison ; un homme range méthodiquement ses affaire dans son caddie et le pousse à travers Paris, la nuit, vers la sortie d’un Monoprix ; un autre se considère comme un privilégié, car il habite une « maison » à côté de l’arche d’un pont... Jamais le réalisateur ne leur demande comment ils en sont arrivés là, mais toujours, simplement, calmement, humainement, il leur pose la question : comment allez-vous aujourd’hui ? La photo est somptueuse, ajoutant une dimension délicate à ce documentaire qui nous cueille en douceur.

Le Joli Mai

Chris Marker, Pierre Lhomme - 1962 -

Paris au mois de mai 1962, après les accords d’Évian. La caméra se promène dans différents quartiers. À la Bourse, des jeunes donnent leur avis sur les marchés ; à Aubervilliers, une mère de famille nombreuse confie sa joie d’être relogée ; un prêtre ouvrier raconte son parcours ; un jeune couple avoue ne pas s’occuper du monde... Chris Marker pose des questions et quand il n’obtient pas de réponse, il insiste avec une telle délicatesse que jamais personne ne lui propose d’aller se faire voir ailleurs. Chapeau !

Notre pain quotidien

Nikolaus Geyrhalter - 2005 - Lumière

L’Europe, ses plus grandes sociétés agro-alimentaires, ses champs, élevages, et autres abattoirs immenses. Ce documentaire terrifiant montre d’où vient ce que nous mangeons. Nikolaus Geyrhalter considère son film, qui a reçu de nombreux prix, comme un document d’archives ; il cherche à capter une petite parcelle d’histoire. Il n’y a aucun commentaire, ni interview, ainsi nous sommes plongés, grâce à des cadrages très précis, dans un univers très étrange, brutal, inhumain. Bon appétit !

National Gallery

Frederick Wiseman - 2014 -

Avec National Gallery Frederick Wiseman (réalisateur, scénariste, producteur, monteur, preneur de son) reste fidèle à ses principes mis en place dès ses premiers films à la fin des années soixante : pas de commentaire, pas d’interview, pas de musique. En revanche, la caméra suit tout : les visiteurs solitaires, les regards rêveurs ou fatigués, une réunion du conseil d’administration, une opération de restauration, les animations pour les visiteurs non-voyants… Le regard de Frederick Wiseman, dépouillé de tout artifice, n’est pas neutre pour autant. C’est ce qui fait sa force et tout son intérêt.

Le mystère Picasso

Henri Georges Clouzot - 1955 -

Picasso et Clouzot travaillent ensemble à partir d’un procédé technique qui permet à Picasso de dessiner et peindre à travers la toile, réalisée ainsi sous nos yeux. Clouzot le filme en plan fixe, sans commentaire. Regarder longtemps, en plan fixe, reste la meilleure manière de regarder. Clouzot craignait que les spectateurs croient que Picasso faisait « ça » en 10 minutes, alors qu’il y avait passé 5 heures. Dès la fin du mois d’octobre, on pourra aussi se contenter de faire juste un saut au musée Picasso : le musée rouvre ses portes !

Palettes

André Jaubert - 1992-2002 - Arte

Palettes fut une émission de télévision de vulgarisation sur la peinture ; en 26 minutes, une œuvre était présentée, son contexte de création, sa composition ; la caméra explorait lentement la toile, et le commentaire n’oubliait pas la technique. L’intégrale contient 18 DVD, de quoi passer de sacrées soirées. André Jaubert écrit dans l’introduction du livre Palettes « pour voir il faut savoir ». Déclaration à prendre avec prudence, car si nous cherchons trop à en savoir sur une œuvre, la liberté de notre regard sur elle, en prend forcément un coup... Rien ne remplace notre propre regard.

Les plus belles fesses du Louvre

Bruno de Baecque - 2013 - Séguier

Dans la galerie Michel-Ange, il y a Dircé, sculptée par Bartolini, dont les fesses sont rondes comme des tomates ou des melons lorsque nous les voyons d’un côté ; ces rondeurs disparaissent d’un autre côté ; en se déplaçant encore un peu, la vision nous donne l’impression que la porte de la salle de bain est entr’ouverte. C’est de cette façon, vivante, rythmée, et pleine d’humour, que Bruno de Baecque, créateur des visites Vu sous cet angle, nous invite à regarder. Son livre nous pousse à aller d’urgence au Louvre.

Musée haut, musée bas

Jean-Michel Ribes - 2009 -

Une famille a des difficultés à s’orienter dans un musée, le mari et la femme s’engueulent ; leur colère risque d’être leur seul souvenir. Une dizaine de gardiens expliquent à une jeune femme que les chefs-d’œuvre les accaparent émotionnellement. Le déplacement d’un grand format de peinture devient une aventure héroïque… Toute cette comédie humaine de la vie des musées est la veine comique du film de Jean-Michel Ribes.

Thomas Crown

Thomas Crown - 1999 -

Dans le film L’affaire Thomas Crown, sorti en 1968, un millionnaire (Steve McQueen) braque une banque pour le plaisir du risque. La compagnie d’assurance charge une enquêtrice (Faye Dunaway) de récupérer le magot. Dans le remake Thomas Crown, sorti en 1999, un millionnaire, Pierce Brosnan, vole un tableau de Monet au Metropolitan Museum of Art pour les mêmes raisons. Cette fois l’enquête est confiée à Rene Russo. Un millionnaire peut-il comprendre que l’interdiction de toucher les œuvres dans les musées, a fortiori de les voler, lui permet de développer sa culture du regard ? Au nom de la lutte des classes, laissons-lui une chance...

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