Vive la Culture ! c'est 748 sélections culturelles et 8698 oeuvres choisies par nos journalistes.

Charles Mingus

la playlist

Charles Mingus Jr – ou Mingus, comme on dit Mozart, les Stones, ou Brassens -, né en 1922 (mort le 5 janvier 1979), aurait eu 100 ans le 22 avril dernier. Multi instrumentiste, c’est à la contrebasse qu’il se fera un nom dans le milieu du jazz aux côtés de Duke Ellington, Miles Davis, Billie Holiday… C’est aussi un compositeur des plus importants du XXe siècle avec plus de 300 œuvres à son crédit, le premier compositeur afro-américain à voir sa musique entrer à la Library of Congress de Washington. De sa musique Mingus disait : “Ma musique est vivante, elle parle de la vie et de la mort, du bien et du mal. Elle est colère. Elle est réelle parce qu’elle sait être colère”. Une colère qui valait bien cette sélection subjective, rageuse mais subjective.

Irrécupérable

Lenny Bruce, Christine Rimoldy
1966 - Tristram
En savoir plus

La baronne du jazz

Stéphane Tamaillon, Priscilla Horviller, Francis Marmande
2020 - Steinkis
En savoir plus

Little Girl Blue

Nina Simone
1957 - Bethlehem label
En savoir plus

Jazz

Toni Morrison, Pierre Alien
1992 - 10/18
En savoir plus

Un soir au club

Christian Gailly
2002 - Editions de Minuit
En savoir plus

Le petit bleu de la côte Ouest

Jean-Patrick Manchette
1977 - Gallimard Folio
En savoir plus

Money Jungle

Duke Ellington, Charles Mingus, Max Roach
1962 - Blue note
En savoir plus

Mingus

Joni Mitchell
1979 - Elektra
En savoir plus

The Quinter Jazz at Massey Hall

Mingus, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bud Powell, Max Roach
1953 - Debut Records
En savoir plus

Pithecanthropus Erectus

The Charlie Mingus Jazz
1956 - Atlantic Records
En savoir plus

Moins qu'un chien

Charles Mingus, Jacques B. Hess
1971 - Parenthèses 
En savoir plus

Miles ; l'autobiographie

Miles Davis, Quincy Troupe
1989 - Table Ronde
En savoir plus

Irrécupérable

Lenny Bruce, Christine Rimoldy - 1966 - Tristram

Artiste comique le plus célèbre des États-Unis, Lenny Bruce a incarné mieux que personne l'esprit contestataire des années 1960, et l'a payé au prix fort. Repoussant toute censure, attaquant les institutions, dénonçant le puritanisme et son hypocrisie, Lenny Bruce utilisait la langue comme une arme de combat. La jeunesse, les minorités lui vouaient un culte. Le FBI le surveillait, la police interrompait ses spectacles. Puis on l'a arrêté pour obscénité et les procès ont commencé… Lenny Bruce est mort d'une overdose en 1966, à quarante ans. De Bob Dylan à Philip Roth, et jusqu'aux artistes de stand- up d'aujourd'hui, son héritage est immense. En 1967, il apparaît sur la célèbre pochette de l'album des Beatles, Sergent Pepper, aux côtés d'Edgar Allan Poe, Karl Marx, Albert Einstein… En 1974, sa vie a fait l'objet d'un film de Bob Fosse, Lenny, avec Dustin Hoffman dans le rôle-titre.

La baronne du jazz

Stéphane Tamaillon, Priscilla Horviller, Francis Marmande - 2020 - Steinkis

Jeune aristocrate de la famille Rothschild (branche anglaise), Pannonica de Koenigswater est devenue la “scandaleuse baronne du jazz”. Après un mariage avec un aristocrate français et six enfants, c'est dans les clubs enfumés de Manhattan que Nica finit par trouver sa place à défaut de garder celle dans son milieu d’origine qui l’exclue. A New-York, elle se lie d'amitié avec les plus grands musiciens. Art Blakey, Dizzy Gillespie, Charlie Parker (qui mourra chez elle), Thelonious Monk… Au fil du temps elle leur posera cette fameuse question : « Si on t'accordait trois vœux qui devaient se réaliser sur le champ, que souhaiterais-tu ? ». Et Mingus de répondre : "Je n'ai aucun vœu à faire ! Pas le moindre petit vœu !... Enfin, ça ne me gênerait pas d'avoir assez d'argent pour régler mes factures, mais c'est tout, ABSOLUMENT TOUT... J’ai beaucoup changé.”

Little Girl Blue

Nina Simone - 1957 - Bethlehem label

À l’époque de l’enregistrement de Little Girl Blue, Nina Simone a une vingtaine d’années et aspirait encore à devenir une pianiste de concert classique. Mais comme Mingus et bien d’autres avant et après eux, on lui a rapidement fait comprendre qu’être musicien noir ne rimait pas avec une carrière de concertiste classique. Comme Mingus, Nina Simone en gardera toute sa vie une rancœur et une colère qu’elle laissera souvent exploser en concert. Il faut écouter sa relecture de "Mood Indigo” de Duke Ellington, ou la façon dont elle invite J.S. Bach dans ce qui deviendra un de ses standards “Love me or Leave me”. 

Jazz

Toni Morrison, Pierre Alien - 1992 - 10/18

En 1926, le cœur d’Harlem est en pleine ébullition. Le Jazz Age incarne la liberté d'une nouvelle génération de Noirs américains et sème sur la ville un air de folie. Joe, en proie au délire, assassine sa jeune maîtresse devant sa femme. Dans un accès de rage, celle-ci se jette à son tour sur la défunte pour lui taillader le visage. Bouleversé par sa propre violence, le couple va chercher dans son passé les traces de son présent ravagé. De l'esclavage à l'exil, Jazz fait entendre la voix exsangue d'un démon intérieur nourri par l'oppression. (Éditeur)

Un soir au club

Christian Gailly - 2002 - Editions de Minuit

« (...) L’histoire ? Celle d’un coup de foudre entre deux êtres plus très jeunes, qui eut lieu pendant un week-end de juin, dans une ville quelque part en bord de mer. L’amour du jazz les avait fait se rencontrer. Ils ne s’étaient plus séparés, comme prolongeant l’accord musical qu’ils avaient tout de suite trouvé. Lui, ingénieur venu de Paris pour une intervention dans une usine du coin. Elle, chanteuse, propriétaire d’une boîte non loin de la gare. Il y buvait un verre, avant de prendre le train du soir : le précédent était déjà parti. Un piano se trouvait là, il n’avait pu résister à la tentation. Elle l’avait entendu, avait pris le micro… La musique, comme référence ou comme rythme même de l’écriture, habite en permanence les romans de Christian Gailly. » Libération

Le petit bleu de la côte Ouest

Jean-Patrick Manchette - 1977 - Gallimard Folio

Georges Gerfaut est cadre commercial. Marié, deux enfants, c'est l'heure des vacances en famille dans le Sud de La France. Mais un soir, Gerfaut croise un accidenté de la route qu'il dépose anonymement à l'hôpital. Trois jours plus tard, Gerfaut devient une cible à abattre. Manchette a révolutionné le polar en le débarrassant du poids de la psychologie pour se concentrer sur l’action, la critique sociale, le tout sur un tempo jazz west-coast dont le son coule tout au long des pages. « Le malaise des cadres, c'est pas rien ! Vous avez femme, enfants, bagnole, télé et voilà que vous vous sauvez. Tout ça parce que deux rigolos essaient de vous flinguer. Et vous savez même pas pourquoi. Un jour, camarade, il faudra quand même comprendre. » J.P. Manchette 

Money Jungle

Duke Ellington, Charles Mingus, Max Roach - 1962 - Blue note

En 1962, l'œuvre de Duke Ellington a depuis longtemps dépassé les frontières du jazz pour l’inscrire parmi les plus grands compositeurs de musique populaire américaine aux côtés de Irving Berlin, Cole Porter, ou George Gershwin. Enregistrée en une seule journée, le 17 septembre 1962, cette session historique en trio avec Charles Mingus et Max Roach à la batterie a surpris le monde du jazz. N'étant pas d'humeur à se contenter de reprendre d'anciennes compositions, “the Duke” a composé spécifiquement la majeure partie de la musique de cette session. Tout amateur de jazz et de musique devrait posséder un exemplaire de cet album.

Mingus

Joni Mitchell - 1979 - Elektra

Quelques mois avant sa mort, cloué sur chaise roulante par la maladie de Charcot, Charles Mingus demande à Joni Mitchell (une des plus grandes figures de la scène folk des années soixante et soixante-dix) de collaborer avec lui autour d’une adaptation de poèmes de T. S. Eliot. De ce projet inabouti naîtra l’album Mingus pour lequel Joni Mitchell réunira la crème des musiciens de la scène dite jazz-rock de l’époque, dont Herbie Hancock, Wayne Shorter ou Jaco Pastorius. Trois morceaux sont signés par Mingus dont on entend la voix sur de petits intermèdes glissés entre les morceaux.

The Quinter Jazz at Massey Hall

Mingus, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bud Powell, Max Roach - 1953 - Debut Records

Surnommé The Greatest Jazz Concert Ever, au début des années cinquante, les musiciens présents sur cet enregistrement (Mingus, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bud Powell, Max Roach) étaient considérés comme les moteurs de la révolution du bebop en marche. Tous ont été influencés par Charlie Parker, et l’ensemble qu’ils forment est magique. Un ensemble légendaire publié pour la première fois sur le label Debut Records fondé par Charles Mingus et Max Roach en 1953.

Pithecanthropus Erectus

The Charlie Mingus Jazz - 1956 - Atlantic Records

Pithecanthropus Erectus est le premier enregistrement de Charles Mingus en tant que leader, l'album où il s'est imposé comme un compositeur à l'imagination débordante, et qui ouvre une nouvelle voie tout en étant fermement ancrée dans la tradition du jazz. Sur Pithecanthropus Erectus, après avoir fait ses classes en piochant dans les grammaires du bop et du swing, Mingus commence à explorer de nouvelles façons d'accroître le pouvoir évocateur de ses visions artistiques en mettant ses musiciens au défi de travailler en dehors des conventions. 

Moins qu'un chien

Charles Mingus, Jacques B. Hess - 1971 - Parenthèses 

Être moins qu'un chien c'est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l'indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles (...) Être moins qu'un chien c'est, tout en luttant contre le pouvoir blanc par la charge revendicative de la création, être forcé, dans le quotidien, de jouer son jeu. Moins qu'un chien c’est la biographie d’un homme noir dont l’écrivain James Baldwin disait : ”Être noir aux États-Unis, c’est être en colère tous les jours”.  

Miles ; l'autobiographie

Miles Davis, Quincy Troupe - 1989 - Table Ronde

Dans cette autobiographie, Miles Davis raconte, sans périphrase, sa vie et sa carrière de fils de la bourgeoisie noire de St Louis qui, dès l'adolescence, a compris que le monde prestigieux de la grande musique auquel le destinait son talent était la chasse gardée des Blancs. C'est donc aux côtés, entre autres, de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Bud Powell, Gil Evans, Charles Mingus et d’autres encore, dans les clubs de Harlem ou de la 52e Rue, qu’il construira la carrière exceptionnelle que l’on sait. Grâce à la musique et à son caractère indomptable, Miles Davis affronte tout, n'a peur de rien : ni de la hargne raciste, ni de ses désirs, ni de ses excès, ni d'opérer par son seul charisme la fusion réputée impossible entre jazz, rock, pop et musique antillaise, au travers de séances devenues légendaires, comme In a Silent Way, Bitches Brew, ou plus tard Tutu.

se connecter

Créer votre compte

Vous aurez la possibilité de créer votre médiathèque et sauvegarder les oeuvres de nos sélections
Voulez-vous vous inscrire à notre Newsletter hebdomadaire ?