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François Boucq

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Figure incontournable de la bande dessinée en France (grand prix de la ville d’Angoulême en 1998), inspiré tout autant par l’école Belge de la BD que par Sempé et la peinture américaine du tournant du XXe siècle, François Boucq est l’auteur d’une cinquantaine d’albums dont la série Bouncer avec Alejandro Jodorowsky au scénario, ou encore trois albums avec Jerome Charyn, entre l’URSS des années cinquante et le Brooklyn des années quatre-vingt-dix. A l’occasion de la septième édition de l’Open Museum, le Palais des Beaux-arts de Lille a donné carte blanche à François Boucq pour une installation… décoiffante. Une occasion que nous ne pouvions pas laisser passer. François Boucq est donc notre invité.

New York Cannibals

François Boucq, Jerome Charyn
2020 - Le Lombard
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Vista chinesa

Baptiste Herbin
2020 - SPACE TIME RECORDS
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Shibumi

Trevanian
1979 - Gallmeister
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La belle ténébreuse de Biélorussie

Jerome Charyn
1998 - Folio
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Jeanson par Jeanson

Henri Jeanson
2000 - René Chateau
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Itinéraire d'un dessinateur d'humour

Sempé
2019 - Martine Gossieaux
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A Place of Refuge: Maynard Dixon’s Arizona

Thomas Brent Smith
2008 - ‎Tucson Museum of Art
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Fellini Roma

Federico Fellini
1972 - Rimini Editions
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La Soif du mal

Orson Welles
1958 - Universal
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The Grandmaster

Wong Kar-Wai
2013 - Wild side video
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Fargo

Noah Hawley, Joel et Ethan Coen
2017 - 20th Century
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Les Heures sombres

Joe Wright
2018 - Universal Pictures
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New York Cannibals

François Boucq, Jerome Charyn - 2020 - Le Lombard

New York Cannibals est la suite de Little Tulip paru en 2014, dont histoire prend sa source dans un goulag sibérien de la fin des années quarante pour plonger dans les années quatre-vingt-dix, dans le Brooklyn de la communauté russe, un quartier dans lequel Jerome Charyn promène ses lecteurs depuis la publication de Zyeux Bleus en 1977. Dans New York Cannibals, on retrouve Paul le tatoueur, Azami sa fille adoptive devenue flic et adepte de body building, et des membres du goulag où Paul enfant à découvert ses talents de dessinateur. Deux épisodes qui font suite à Bouche du diable des mêmes Boucq-Charyn qui jetait déjà un pont entre la Russie soviétique et New York, et où les rêves et les esprits des dieux n’étaient pas étrangers aux affaires des êtres humains. 

Vista chinesa

Baptiste Herbin - 2020 - SPACE TIME RECORDS

Quand on patauge dans des climats nauséeux, que des brouillards nous tombent dessus, il y a Zeca Pagodinho, cet artiste brésilien que j’adore et qui vous met une patate comme ce n’est pas permis !  C’est une musique qui embarque. J’écoute aussi Baptiste Herbin, un jeune saxo que j’ai découvert parce qu’il m’a demandé de faire la pochette de son dernier album enregistré au... Brésil. Comme quoi quelque chose doit flotter dans l’air !

Shibumi

Trevanian - 1979 - Gallmeister

J’ai du mal avec la littérature sans image parce qu’au bout d’un moment je m’ennuie. Le dernier roman que j’ai lu c’est Shibumi. C’est magnifique, notamment tout ce qui tourne autour du jeu de go. Le passage sur la spéléologie est très chiant quand on n’est pas spéléologue, mais tout le début du roman est super. Les diatribes du personnage principal sur les américains sont saignantes à souhait !

La belle ténébreuse de Biélorussie

Jerome Charyn - 1998 - Folio

Jerome Charyn est l’auteur de la série du commissaire Isaac Sidel sortie à la fin des années soixante-dix en France. Zyeux Bleus, Marilyn la dingue et ses autres polars ont marqué les lecteurs. Aujourd’hui Jerome est un peu moins sous les projecteurs mais il reste un écrivain unique, dont j’aime aussi beaucoup la veine plus romanesque comme La belle ténébreuse dans lequel il évoque sa mère. Avec lui, comme avec Jodorowsky, on travaille toujours de la même manière, il m’envoie le script initial, ensuite je reprends, je rajoute des personnages, leurs dialogues. Et voilà !

Jeanson par Jeanson

Henri Jeanson - 2000 - René Chateau

Quand on fait de la bande dessinée, la question du dialogue se pose en permanence. Au départ il y a une intention qui débouche sur une attitude, et c’est cette attitude qui génère les dialogues. Ce n’est pas le dialogue initial qui doit générer la physionomie et l’attitude du personnage. Si le personnage est bien nourri de ses intentions, il va trouver sa juste expression. Ce qui fait que je fais toujours mon dialogue en dernier lieu quand j’ai tout dessiné.Les dialogues de Jeanson, l’auteur de Pépé le Moko, d’Entrée des artistes… m’inspirent énormément. Ses dialogues sont magnifiques. On connaît ceux d’Audiard, qui est un monument, mais il faut se replonger dans Jeanson. Je ne me lasse pas non plus des Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio. L’humour populaire est extraordinaire.

Itinéraire d'un dessinateur d'humour

Sempé - 2019 - Martine Gossieaux

Sempé fait partie des dessinateurs qui m’inspirent en permanence. Avec lui, je n'ai pas besoin de lire de roman. Il suffit que je prenne n’importe lequel de ses albums et j’ai de quoi me satisfaire pour des heures. Tout, absolument tout Sempé est magnifique. Il n’y a rien à jeter. Rien. C’est tout simplement extraordinaire.

A Place of Refuge: Maynard Dixon’s Arizona

Thomas Brent Smith - 2008 - ‎Tucson Museum of Art

Les peintres américains de la fin du XIXe et du début XXe manquent souvent de considération, ils sont plus vus comme des illustrateurs. Christian Leyendecker, par exemple, a peint plus de 400 couvertures de magazines, dont plus de 300 pour le Saturday Evening Post. Pourtant sa peinture est d’une vigueur exceptionnelle. Norman Rockwell, qui lui succédera deux décennies plus tard au journal, lui a beaucoup “emprunté”. Il y a aussi Maynard Dixon. On se dit qu’entre lui et Nicolas de Staël il n’y a pas tant de différences. Le premier peint des paysages américains et l’autre des paysages européens, mais dans la volonté de géométriser les espaces c’est le même état d’esprit, la même puissance colorée.

Fellini Roma

Federico Fellini - 1972 - Rimini Editions

Je devais avoir 16 ans quand j’ai vu Fellini Roma pour la première fois, et j’en ai été bouleversé. C’était dingue. Je n’avais jamais vu de film de Fellini avant ça, et je me suis immédiatement dit que, si je devais faire du cinéma un jour, c’est ce genre de film que je ferais. Il y avait tout le prisme des sensations, des sentiments qui y étaient développés avec une fantaisie incroyable. C’est un film qui, à chaque fois que je le revois, continue de me bouleverser. Fellini Roma fait partie des œuvres essentielles pour moi.

La Soif du mal

Orson Welles - 1958 - Universal

C’est un film d’une extraordinaire intelligence ! C’est une prouesse cinématographique en même temps qu’un festival de faux-semblants. Orson Wells frôle parfois le grotesque, mais du grotesque qui va chercher dans les profondeurs de l’être humain. A tous points de vue, ce film est déstabilisant et provocateur. Il nous montre un être qui a l’air d’être monstrueux, mais qui, au fond, est d’une sensibilité terrible. Et puis il y a cette scène finale où le personnage joué par Charlton Heston essaie d’enregistrer à distance la confession du personnage véreux (interprété par Orson Wells lui-même) grâce à un micro caché sur un complice. Charlton Heston perd parfois le son, il se cache pour se rapprocher, il rampe pour être au plus près, pour ne pas perdre le fil, et pendant tout ce temps la caméra virevolte pour le suivre ! C’est une mise en scène éblouissante.

The Grandmaster

Wong Kar-Wai - 2013 - Wild side video

Ce film de Wong Kar-waï conjugue le dynamisme des arts martiaux et la profondeur psychologique de ce personnage extraordinaire qu’était Ip Man, célèbre professeur de kung fu qui deviendra le professeur de Bruce Lee. C’est un film très inspirant pour un dessinateur. Beaucoup de westerns ont été inspirés par les histoires orientales, les personnages de maîtres d’arts martiaux, le plus célèbre restant certainement Les Sept mercenaires tiré du film de Kurosawa Les Sept Samouraï. Grandmaster est un super film aux images sublimes.

Fargo

Noah Hawley, Joel et Ethan Coen - 2017 - 20th Century

Fargo est une des plus belles séries que j’ai vues. Les frères Coen ont un tel univers que, même quand ils ne sont pas à la réalisation, on sait qu’ils ne sont pas loin ! Il y a aussi La Balade de Buster Scruggs, un film à sketches dans lequel les frères Coen reprennent des situations typiques des westerns – une pendaison, un braquage de banque, un chercheur d’or – pour les traiter à leur sauce. C’est jouissif.

Les Heures sombres

Joe Wright - 2018 - Universal Pictures

Ce film n’est pas une bio ennuyeuse, on suit juste Churchill (Gary Oldman) entre le moment où il entre en fonction comme premier ministre - au grand dam du roi et des membres de son parti - jusqu’au moment où il prononce son discours pour annoncer que jamais l'Angleterre ne négociera de traité de paix avec Hitler. Un très beau film sur le personnage de Churchill qui m’a fait tomber amoureux du bonhomme. 

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