“Quand on écrit, on ne mène pas une petite affaire privée. C’est vraiment l’abomination de la médiocrité littéraire (…) qui fait croire que pour faire un roman par exemple, il suffit d’avoir une petite affaire privée, sa petite affaire à soi.” Cette citation de Gilles Deleuze – tirée de son Abécédaire et que Gérard Guégan a placée en exergue de sa fable Tout a une fin, Drieu – définit bien son projet littéraire depuis quelques années déjà. Celui de s’emparer de l’Histoire et de ses acteurs pour en boucher les trous à sa convenance. Il a ainsi imaginé la dernière nuit de Drieu la Rochelle, une rencontre Hammett – Hemingway, mis en scène la fin de Stendhal, un amour d’Aragon, le voyage à Paris de Nikolaï Boukharine et, dans son dernier livre, Gérard Guégan nous entraîne dans le sillage de Théodore Fraenkel (l’homme au chapeau sur la photo de groupe) qu’on suit à travers le XXe siècle. Entre deux sauts dans l’Histoire, Gérard Guégan, notre invité, nous livre sa sélection.