Raymond Queneau était quelqu’un de très modeste auquel on doit la création de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle). C’est l’auteur sur lequel j’ai fait ma maîtrise quand j’étais en lettres. Mon sujet était : La ville dans les romans de Queneau. Dans ses romans, les villes sont des personnages, elles ont une topographie, des arrondissements, des quartiers, des artères… Il y a une construction dans les romans de Queneau qui est d’autant plus admirable qu’il a toujours pris soin de retirer les quelques pièces qui rendraient visible cette structure sous-jacente. Il travaillait sur plans, mais après il fallait que ce soit invisible. Il recouvrait ça d’une couche de réel, d’humour, qui font de ses livres des œuvres parfaites avec un véritable amour de l’humanité. On sent qu’il aimait être au café à regarder et écouter les gens.