« Tout ce qui nous touche a quelque chose d’universel. On peut être ému par un film muet des années dix, un disque de rap des années quatre-vingt-dix, ou par la musique indienne. J’ai l’impression qu’une force secrète et indicible relie toutes ses choses. Les artistes dont je parle ici ont une haute idée de leur art parce qu’ils ont une haute idée des autres, et du monde en général. La question de l’universel me préoccupe beaucoup aujourd’hui ; parce qu’on vit un moment de très grand repli. J’aime me répéter que je cherche à faire communauté avec les autres, au-delà de tout ce qui nous différencie. La culture sert à ça. Voilà. C’est ça que je cherche, ce sentiment d’appartenance à une communauté d’esprits, large et sans frontières. Le plus important à mes yeux, dans l’exercice de mon métier, c’est de ne jamais perdre l’idée de transmettre ce que j’ai aimé, ce qui m’a ému, à d’autres générations. » A l’occasion de la diffusion sur Arte de son film Espion(s) le 24 novembre prochain, Nicolas Saada est notre invité.