Un jour qu’on lui demandait quel était son rêve de bonheur, Patricia Highsmith répondit : « Je ne rêve pas de bonheur. » Personnage dépressif, elle se servit des thèmes qui la hantaient pour développer des intrigues sur un ton effroyablement calme, froid, clinique. Les œuvres de Patricia Highsmith, c’est l’angoisse du quotidien qui peut déraper, des hommes et des femmes ordinaires qui sont entraînés dans des situations qui les dépassent sans que lecteur sache bien s’ils sont victimes ou coupables. En évitant tous les poncifs du polar psychologisant et des romans à clés, elle a construit une œuvre qui résiste au temps. En mars 1985, à la question posée par Libération “Pourquoi écrivez-vous ?” Patricia Highsmith répondit : « Exorciser l’émotion, me distraire, mettre de l’ordre dans mes expériences, et surtout, parce que l’écriture est une addiction.” Patricia Highsmith aurait eu 100 ans le 19 janvier.