Beaucoup de films me touchent, mais parfois je ne peux pas les revoir parce que je n’arrive pas à mettre un filtre entre l’écran et moi, ça me touche trop. Mais ce que je reproche parfois au cinéma, c’est un côté trop lisse, trop bien ficelé. Ce que j’aime dans un livre, c’est les défauts d’écriture, les choses qui nous échappent. C’est compliqué de glisser un geste gratuit au cinéma, faire un film est une entreprise lourde, et parfois il manque la complexité du réel, ce qui nous échappe dans la vie, la gratuité. Dans Persona tout n’est pas déchiffrable, il y a une part d’inexplicable. Les rôles se mélangent, l’ambiguïté des relations entre la patiente et l’infirmière, celle qui se mure dans le silence et celle qui parle… C’est un film qui a été beaucoup analysé, mais il n’y a pas d’interprétation définitive. On peut toujours gloser, ça échappe quand même.